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 #1. [Rosecliff's Market] The perks of being wallflowers

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MessageSujet: #1. [Rosecliff's Market] The perks of being wallflowers   Lun 8 Aoû - 22:28

"Je ne suis même pas sûre qu'ils connaissent Lady GaGa... Poker Face, tout ça... Le temps s'est arrêté en juillet 2006 et rien de ce qui existe depuis ne les intéresse." Anna passait sa main sur la surface rugueuse des ananas, l'autre maintenant son téléphone portable coincé entre son oreille et son épaule. Les babillages de sa petite sœur la tenaient tranquille tandis qu'elle se frayait un chemin parmi la jungle du rayon fruits et légumes du plus grand supermarché de Rosecliff.  "Des arriérés musicaux. Culturels ! Pire que Lima ! Cent fois !"
Anna arrivait à cours de superlatifs. L'appartement était convenable cela dit. Le boulot de Tim... C'était un boulot. Ça leur permettait de finir les fins de mois sans trop rogner sur leurs économies, en attendant qu'elle prenne une décision professionnelle.
Mais quelle tristesse. La jeune femme redoutait la moindre sortie, sociale ou nécessiteuse. Elle n'avait pas envie de se retrouver en présence des locaux, qu'elle pensait encore moins sains d'esprit que les habitants de Lima. Comment pouvait on concevoir de vivre sans musique ? Comment pouvait elle avoir emménagé ici de son plein gré ?


La voix de Lexie la tira de son insatisfaction cafardeuse. "Je tâte une pastèque un peu trop mûre" commenta-t-elle pour répondre à la question de sa cadette. "C'est le supplice, nous sommes à court de provisions et je ne peux pas proposer à Tim de manger des pizzas tous les soirs. Enfin si, je pourrais, mais ça ne se fait pas. Si ?" La vie maritale, l'autre point qui posait un vrai problème à Anna. Elle se demandait tous les jours si elle était à la hauteur, pas des exigences de son mari, mais celles de la société. Et quand Anna Preston se souciait de l'avis d'autrui, c'était signe que quelque chose la travaillait. Décontenancée par des considérations qui ne lui ressemblaient pas, elle reposa le fruit qu'elle avait dans la main sur l'étal. "Quand est ce que tu viens ?" chuchota-t-elle à sa sœur fiévreusement, soudain inquiète que la présence de Baby Preston ne relève elle aussi de l'interdit dans cette ville où rien ne tournait rond. "Je ne crois pas que je pourrais tenir sans toi." Elle dépassa le rayon des boîtes de conserves et s'engagea avec lassitude dans l'allée des cotons à démaquiller, couches et autres nécessités hygiéniques, du dentifrice aux tampons.


"Il me faut juste un signe. Une preuve que je n'ai pas renoncé à toute mon existence en vain" annonça Anna avec emphase en faisant mine de lire l'emballage d'une crème aux propriétés douteuse. Son regard s'égara sur une silhouette vaguement familière. Très familière en fait. "Oh my... Est ce que c'est moi ou Ecaterina a pris du poids depuis le printemps dernier ? Nan, pas tant que ça, mais ça se voit vachement quand même..."

La jeune femme s'interrompit, choquée par l'absurdité de ce qui était en train de se passer. Depuis quand est ce que sa vie était devenue tellement ennuyeuse qu'elle s'en prenait à l'apparence des jeunes femmes de son entourage ? Et depuis quand est ce que croiser Ecaterina au supermarché, dans la ville inconnue au sein de laquelle elle venait tout juste de déménager, était devenu normal ?

"Attends, attends, attends," gronda-t-elle pour interrompre les piaillements de sa sœur. "Où est ce que tu m'as dit qu'elle est partie s'installer déjà ? Rosecliff ? Mais tu ne pensais pas Rosecliff en Virginie ? Parce que tu crois qu'il y a beaucoup de Rosecliff aux États-Unis ? Oh excuse moi "Mme-Je-Ne-Suis-Plus-Une-Buse-En-Géographie-Depuis-Cinq-Minutes" !"
L'heure était grave et Anna n'était toujours pas la plus qualifiée des Preston pour gérer les crises mondaines. L'ajout de l'épithète Ainsworth au bout de son nom avait même dû aggraver son cas. A situation extrême, mesures extrêmes. "Je te rappelle," annonça la jeune femme à sa sœur, rangeant brusquement le téléphone dans son sac pour retrouver de la facilité à se mouvoir. Elle attrapa son panier rempli de choses plus futiles les unes que les autres des deux mains et le planta devant son corps en guise de protection, comme le petit chaperon rouge avant de s'adresser au loup. Avant même qu'elle ne puisse se retenir, elle s'entendit interpeller son ancienne camarade de chorale "Cat !" et se maudit d'avoir perdu de sa noirceur d'âme (ou de sa sanité d'esprit) depuis qu'elle était heureuse en ménage. L'ancienne Anna se serait carapatée sans demander son reste. L'Anna nouvelle souriait nerveusement.
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MessageSujet: Re: #1. [Rosecliff's Market] The perks of being wallflowers   Mar 9 Aoû - 11:47

Kim l’avait proclamée dans un épisode de sa téléréalité familiale : quand la peau commence à s’étirer, ça gratte, et gratter provoque des vergetures. Ou du moins, ça les aide à s’étendre. Ecaterina était loin du huitième mois de grossesse qui avait poussé la plus célèbre des Kardashian à mettre des moufles pour soulager ses insupportables démangeaisons, mais elle craignait tout de même le craquèlement de sa peau, déjà très fragile en temps normal. Semblables à des cicatrices, les vergetures étaient un peu comme la preuve de l’aboutissement d’une aventure semée d’embûches. En y songeant, cette façon de voir les choses avait plu à Cat, littéraire jusqu’au bout, mais elle tenait tout de même à faire quelque chose pour anticiper toutes stries incommodantes. Comme le dit l’adage, mieux vaut prévenir que guérir, et bien que formellement réfractaire aux lectures sirupeuses adressées à la future maman de base – c’est qu’on en lisait des bêtises sur l’incommensurable bonheur de porter un enfant, croyez-la –, elle avait fait quelques recherches dans la presse spécialisée avant de consulter pour de bon. D’après son médecin, une femme charmante qu’elle avait tout de suite apprécié à son arrivée en ville, il fallait donc hydrater avec des huiles assouplissantes, des crèmes riches en vitamines, et laisser les bienfaits de l’amande douce se charger de prévenir les désagréments de la grossesse. Au cours de l’une de leur conversation téléphonique interminable, Charlie y était bien sûr allée de son petit commentaire, et avait ri ouvertement de sa crainte des zébrures violacées qui menaçaient de poindre si elle ne s’y prenait pas à temps pour les éviter. Cependant, elle avait cessé de se moquer en prenant conscience que c’était ce qui lui pendait au nez à elle aussi. C’en était suivi un pacte solennel, et un peu ridicule au demeurant, au sujet d’une prise en charge immédiate de leurs éventuelles cicatrices dès le lendemain matin.

Voilà pourquoi Cat s’était retrouvée à garer sa Mini sur le parking du plus grand supermarché de Rosecliff. Abandonnant un temps sa longue liste de choses à faire, elle avait décidé de s’octroyer une petite pause dans son planning d’aménagement – elle avait visiblement surestimé sa capacité à s’occuper seule des derniers détails, et ça lui prenait plus de temps qu’elle l’avait souhaité de ranger, trier, décorer… sans compter qu’elle avait la librairie à déblayer, dépoussiérer, retaper, à côté – et de prendre soin d’elle. Elle n’était pas seulement un incubateur. Même si son apparence avait toujours été un sujet tabou pour elle, hantée par les réflexions blessantes de sa propre mère, Ecaterina aspirait à bien présenter ; sa tenue du jour en témoignait, trottant dans sa petite robe d’été, qui ne lui irait plus pour très longtemps, le teint frais, les cheveux fraîchement coupés, et le sourire aux lèvres.

Comme partout, le peuple pullulait dans les allées bondées du supermarché de Rosecliff, tandis qu’elle furetait comme elle le pouvait, souvent bousculée, à la recherche de la potion magique vanté par son médecin. Le rayon cosmétique bio aurait bien besoin d’être étendu. Elle parvenait presque à entendre les complaintes de sa grand-mère, une hippie notoire, au sujet du peu de considération apportée à l’artisanat et à la culture de la terre – et quand elle disait culture de la terre, elle sous-entendait de soigner tous les maux du monde à coup de cannabis médicinal. Ecaterina chassa bien vite tout ça de son esprit pour mieux empoigner un flacon d’huile d’amande douce qu’elle glissa dans son panier, et sans s’attarder sur les effluves de lavande et de fleurs s’échappant des emballages en papier recyclables, elle tourna les talons.

« Anna ? » La façon dont Cat recula la tête pour jeter un regard perplexe à la jeune femme qui l’interpella fut assez parlant pour qu’elle ne s’échine à lui signifier à quel point elle était surprise de la voir ici. Un flash de l’une des uniques conversations qu’elles eurent dans le passé se joua devant ses yeux, et un petit rire s’échappa brusquement de sa gorge, pendant qu’elle se souvenait du ressort comique de cette fameuse conversation. A partir de ce moment-là, Anna s’était contrainte à l’éviter, et Cat à respecter son désir de l’éviter. On ne pouvait pas être apprécié de tout le monde, après tout.
Le panier accroché à son bras faillit faire une descente vers le sol carrelé du supermarché. Ecaterina le retint de justesse, une main sur son estomac, et après une nouvelle seconde de réflexion, elle se dirigea vers elle. Le sourire qu’elle perçut sur son visage la fit pincer les lèvres, tant elle n’eut aucun mal à remarquer qu’il était nerveux. Son instinct était plus aiguisé qu’il ne l’avait jamais été, et alors qu’elle n’était pas plus à l’aise que son ancienne camarade de chorale, elle lui lança avec gentillesse « Un retour au blond. Ça te va bien. » Elle se planta devant elle avec un petit sourire tout ce qui a de plus banal. Ce n’était pas la peine de faire semblant, et de se jeter dans ses bras pour l’étreindre et lui avouer qu’elle était ravie de la voir. La vérité, c’était qu’Anna et Cat n’avaient jamais été amies.
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MessageSujet: Re: #1. [Rosecliff's Market] The perks of being wallflowers   Jeu 25 Aoû - 19:20

En dépit de la froideur de leurs retrouvailles, il y avait quelque chose de rassurant et de familier pour Anna dans le fait de croiser Ecaterina, ici, à Rosecliff, sur un terrain trop frais pour qu'aucune des deux ne puisse déjà prétendre le maîtriser.
Le malaise entre elles était palpable, particulièrement parce qu'elles n'étaient pas du genre à feindre l'effusion. De toutes ses connaissances de Lima, Cat était sans doute la dernière qu'Anna aurait choisi pour compagne d'infortune dans une nouvelle ville et une nouvelle vie... Mais le Destin trouvait toujours le moyen de les mettre sur la route l'une de l'autre. Dans des circonstances souvent embarrassantes. Pour l'une plus que pour l'autre.

"Un retour au quoi ? Ah le blond ? Mes cheveux ? Merci," balbutia Anna, comprenant enfin, mais avec difficulté, à quoi Cat faisait allusion. Elle avait changé de couleur de cheveux à plusieurs reprises, mais elle oubliait qu'à Lima elle était connue pour son roux flamboyant naturel, dont elle s'était départie sans regret lors de son dernier séjour londonien. La rumeur disait que lorsqu'une femme touchait à sa coupe de cheveux, c'est qu'elle marquait un changement important dans sa vie. Cela s'avérait plutôt juste dans le cas d'Anna.

Les anciennes choristes se faisaient face, dans une attitude de retrait prudent identique. Les mains sur leurs paniers, un sourire poli mais neutre sur le visage, et sans doute autant de pensées contradictoires dans leurs esprits.

"Tu as l'air... En forme," tenta Anna sans grande conviction. À vrai dire elle ne savait pas par où commencer, encore un peu déstabilisée par l'effet de surprise. Et par les rondeurs d'Ecaterina.
Elle décida donc de se replier sur un sujet que l'étiquette aristocratique britannique n'aurait pas désapprouvé.

"Je ne savais pas... Lexie ne m'avait pas dit. Enfin..." Anna s'interrompit en réalisant qu'elle n'était toujours pas rompue aux exercices mondains les plus simples. Tant qu'il s'agissait de faire la moue devant un tableau ou d'imposer son goût supérieur en matière de photographie devant un parterre de snobs arrogants, elle s'en sortait à merveille, mais s'il fallait faire preuve d'un peu d'humanité... Elle avait tout à apprendre.

"On est arrivés il y a trois semaines. Avec Tim. On lui a proposé un poste à West Unity..." C'était tout ce qui lui venait à l'esprit pour meubler la conversation alors qu'elle se torturait encore pour comprendre comment une telle rencontre impromptue était possible.
Elle ne voyait aucune raison évidente pour laquelle Cat aurait pu déménager à Rosecliff. Ses amis étaient à Lima ou Colombus, son frère s'était réinstallé en ville récemment... Pourquoi venir se morfondre dans un endroit encore plus perdu que l'Ohio ? Surtout quand on connaissait l'amour de la musique qui coulait dans les veines de la jeune femme et qui devait être bien mis à mal par les règles arbitraires du Comité.
Mais cette histoire n'était pas si différente de celle du couple Ainsworth après tout... Rien ne les prédestinait à Rosecliff, et pourtant les voilà qui tentaient d'y construire un avenir.

"Du coup... On s'est installés du côté de Madison Grove..." lâcha la jeune femme avec un soupçon d'incertitude dans la voix. Elle espérait avoir rempli sa part des exigences sociales, et malgré sa maladresse certaine, Anna remarquait avec satisfaction qu'elle évitait soigneusement -et avec succès- le sujet, ou plutôt la personne, qui les avait divisées. Peut être l'un des seuls qu'elles avaient en commun néanmoins. Tate.
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MessageSujet: Re: #1. [Rosecliff's Market] The perks of being wallflowers   Sam 27 Aoû - 11:50

De toutes les personnes qu’elle avait rencontrées à Lima, Anna était sans doute celle qu’Ecaterina avait le plus de mal à cerner. Son caractère, diamétralement opposé à celui de sa petite sœur Lexie qu’elle avait su apprivoiser malgré son excentricité toute londonienne, imposait le respect cependant. Même si elle lui donnait l’impression d’avoir une dent contre elle – et elle avait sûrement une bonne raison d’en avoir une, à en juger par la façon dont elle l’avait ignorée au cours des derniers mois qu’elles avaient passé en tant que collègues de chorale –, de son côté, Cat avait toujours fait preuve d’un respect authentique à l’encontre de la jeune femme. Elle n’était pas une amie, elle méritait toutefois son admiration pour avoir longtemps porté l’étiquette de la plus mûres des colocataires de la pension Preston. Si ce n’était peut-être la fois où elle avait tenté de jouer un rôle dans les rapports, très frileux à cette époque, qu’elle entretenait avec Tate.

Le problème était là, elle ne voyait que ça. Au milieu des révélations alcoolisées de la rousse, dont elle se serait bien passée soit dit en passant, Cat n’avait pas apprécié son enthousiasme à l’idée d’apparaître dans le radar à conquêtes potentielles qu’elle réservait à son ami. C’était bien pour cette raison qu’elle s’était obstinée à répondre aux caprices de Charlie en s’inscrivant sur un site de rencontres – pour échapper aux plans matrimoniaux d’Anna Preston. Elle avait lamentablement échoué, il n’était pas nécessaire de le faire remarquer, et si elle savait aujourd’hui, elle l’entendrait sans doute exprimer un « je le savais ! » ironique. Dans ce cas, Cat baisserait la tête, pas honteusement, plus pour dissimuler le sourire en coin qu’elle emprunterait en pensant à toutes ces fois où ses proches lui avait fait remarquer la tension qui subsistait entre elle et son collaborateur.

Pour l’heure, elle devrait traiter avec le trouble de la retrouver dans cet endroit, et tandis qu’elle s’approchait d’Anna, elle se raccrocha à ses observations immédiates ; Anna était belle avec ses cheveux blonds effilés, et sa classe britannique faisait gentiment tache au milieu des consommateurs matinaux venus dépenser leur dernier salaire dans des futilités. Se sentant soudainement engoncée dans sa robe d’été, son abdomen lui parut doubler de volume à mesure qu’elles échangeaient – sa grossesse n’était pas un secret qu’elle tentait de garder à tout prix, c’était seulement un fait dont chacun prendrait conscience en la croisant au détour d’un rayon de supermarché. Pourtant, le poids anecdotique du bébé lui pesa inexplicablement, et plus encore lorsqu’Anna souligna sa forme. Cat eut un sourire contrit.

« Quelle jolie façon de me faire remarquer que j’ai pris du poids. C’est ce qu'on appelle le tact britannique, je suppose ? Il faudra que tu m’apprennes, j’ai des progrès à faire dans ce domaine. » Ce n’était pas une attaque, mais bien une tentative d’humour qu’elle accompagna d’un clin d’œil pour ponctuer la fin de sa phrase. Lançant derrière elle un regard distrait, ce fût en mesurant la distance entre elles et l’entrée du magasin qu’elle tenta vainement de deviner ce à quoi elle faisait allusion quand elle disait que Lexie ne lui avait pas dit ; elle ne lui avait pas dit quoi ? Pour sa grossesse, ou pour le lieu de son emménagement ? Cat décida de ne pas en faire cas, et volontairement, elle éluda pour mieux sauter sur la perche que lui tendait Anna. Pour quelqu’un qui avait si longtemps préféré changer de trajectoire quand elle apparaissait dans son champ de vision, elle excellait dans le protocole, de quoi faire culpabiliser Cat qui peinait à savoir quoi dire sans faire preuve d’autodérision.

Aussi, ses yeux s’agrandirent, et elle pointa furtivement son index en direction de la jeune femme « Mais oui, vous devez êtes mariés maintenant. » Elle était sincèrement ravie pour Anna, et son sourire se décrispa. Cat pencha la tête, attrapa son panier par l’anse, c’était plus confortable, et elle lui demanda « Tu as gardé l’idée du tatouage pour ton alliance ? Je peux voir… Si ça ne t’embête pas ? » Anticipant la réaction d’Anna, elle opéra un pas en avant, et délicatement, elle se pencha pour regarder les contours réguliers de l’inscription tracée à l’encre autour de son annulaire « Ouah, c’est réel. Félicitations. » murmura-t-elle avec sympathie, alors qu’elle se permit de rehausser très doucement la bague de fiançailles qui barrait l’inscription. Ce simple geste la ramena quelques mois en arrière, et les contours d’une alliance, moins originale que celle qu’elle avait sous les yeux, mais qu’elle avait observé avec autant, si ce n’était plus encore d’attention, la fit prendre son courage à deux mains, et lui dire dans un petit rire gêné « Je vais te poser une question qui va te paraître étrange… » Etrange parce qu’elle avait le téléphone et internet. Rosecliff n’était pas si primitif, et finalement, Cat avait quitté Lima en restant en bons termes avec Tate. Ils ne se parlaient plus, tout simplement, et puisqu’elle n’avait pas eu de ses nouvelles depuis qu’elle avait posté la lettre qui lui était adressée, elle se disait que ça devait lui convenir, alors elle s’en contentait, elle aussi.

Cat leva la tête, et elle se lança « Tu as des nouvelles de Tate ? » Elle compléta en se reculant légèrement, le regard scrupuleusement ancré en direction de la main d’Anna, et la sienne triturant les breloques du collier qu’elle portait « J’ai souvent Charlie au téléphone, mais il est plus proche de Wyatt, et je crois qu’elle s’obstine à le considérer comme un rival de toute façon. Tu sais, à cause de la chorale. » Elle reprit à peine sa respiration pour enchaîner avec une spontanéité bien trop chaleureuse pour paraître décontractée « Ils ont perdu un autre membre comme tu as emménagé ici, toi aussi. Megan doit être furieuse, non ? » Pour de bon, Cat se recula, et cette fois-ci, elle s’intima de relever le regard pour affronter résolument celui d’Anna.
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MessageSujet: Re: #1. [Rosecliff's Market] The perks of being wallflowers   Lun 29 Aoû - 15:47

Un mélange de dépit et d'incompréhension s'afficha sur le visage d'Anna quand Ecaterina mentionna, sans sourciller, celui dont il ne fallait pas prononcer le nom. Tous ces efforts pour rien.
D'accord, c'était l'idée de Cat le tatouage, c'est pour ça qu'Anna s'était laissé tripoter la main sans montrer trop de contrariété. Elle n'avait jamais eu l'occasion de remercier l'amie de Lexie pour cette pensée inspirée, et ce n'était que justice que Cat puisse contempler à loisir la preuve ultime de son passage du côté obscur de la force matrimoniale. Elle se força même à sourire avec un peu plus de naturel avant de se crisper en entendant son ancienne camarade de chorale changer abruptement de sujet. Si Cat lui demandait en effet de lui donner des leçons de tact britannique, Anna allait devoir lui exposer ses failles au grand jour et la rediriger vers quelqu'un de plus... Enfin de moins...

Son fil de pensées fut coupé par l'irruption de Tate dans la conversation. Comme son souffle. Anna plissa les yeux et cela prit quelques secondes avant qu'elle ne puisse répondre. Oui, elle avait des nouvelles. Non pas autant qu'elle aurait souhaité en avoir, surtout depuis quelques semaines, quand l'avocat avait subitement arrêté de donner signe de vie. Anna n'y avait pas plus prêté attention que cela, pensant qu'il travaillait peut être sur un dossier délicat... Elle avait depuis longtemps cessé de chercher à comprendre les sautes d'humeur de son (meilleur?) ami et savait qu'ils avaient épuisés toutes les raisons valables de se chercher querelle. Pensez donc : un baiser raté, un fiancé violent après une fausse cérémonie de mariage (mais véritable fiasco), une collaboration choralistique peu fructueuse, une non invitation au (vrai) mariage et un déménagement, du jour au lendemain, sans crier gare.

Après tout ça, Tate et elle, c'était du solide, pas pour rien que, connaissant l'avocat, elle avait essayé de le caser (contre son gré et sans l'en informer) avec Ecaterina, sachant qu'à défaut d'être rousse, la petite blonde avait tout de même tout pour lui plaire. Depuis une conversation funeste dans sa chambre, éméchée par l'alcool et consumée par la honte, Anna évitait Cat comme la peste, et la mention de Tate en sa présence encore plus. Elle ne comprenait donc vraiment pas comment en plein milieu de cette allée de supermarché, Cat décidait de rompre leur pacte tacite.

A nouveau le souffle d'Anna se coupa. Elle observa les gestes anxieux d'Ecaterina depuis qu'elle avait mentionné son ancien collaborateur et ses rondeurs, qui, vues de près, n'avait rien à voir avec de la prise de poids anodine. Elle s'était juré de ne plus jamais se mêler de la vie Cat, à la demande explicite de cette dernière, et elle avait jusqu'ici plutôt bien réussi. Pourtant, Anna déposa son panier par terre et croisa ses mains sur sa poitrine, détaillant Cat des pieds à la tête, partagée entre la curiosité et un soupçon de colère. Elle n'aimait pas être utilisée à son escient et encore moins être prise pour une idiote. Son regard se durcit et alors qu'elle échouait encore à saisir le chaînon manquant dans toute cette histoire, elle répliqua d'un ton froid mais égal: "Oui j'ai des nouvelles... Et Megan est toujours furieuse de toute façon. Mais elle a de la ressource. Quant à Tate, il est assez... Dérouté pour le moment, dirons nous."

Anna Preston n'avait jamais été une menteuse, au pire, elle éludait les sujets qui la dérangeaient. Mais des années de vie en colocation lui avaient appris que rien n'était plus efficace que de prêcher le faux pour savoir qui avait oublié de racheter du lait après avoir fini la dernière brique. Ou pourquoi Miss Robertson, si soucieuse d'ordinaire de préserver sa vie privée et de démentir tout rapprochement avec Tate Bartowski, se montrait aujourd'hui tellement peu subtile ou cachottière.
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MessageSujet: Re: #1. [Rosecliff's Market] The perks of being wallflowers   Mar 30 Aoû - 12:42

Comment était-elle supposée réagir maintenant ? Elle ne reviendrait pas là-dessus : Anna n’avait jamais démontré une quelconque affection à son égard, et quelque part, ça lui importait sincèrement peu. Si Ecaterina devait retenir une seule leçon de l’éducation basée sur la superficialité qu’elle avait reçue de sa mère, pourtant grande prêtresse de l’estime poussive pour obtenir tout ce dont elle rêvait la nuit, c’était qu’on ne pouvait pas plaire à tout le monde, peu importait les nombreux efforts engagés, et ce avec toute la meilleure volonté. Depuis longtemps, Cat avait cessé de vouloir entrer dans les bonnes grâces de ceux qui démontraient peu d’intérêt pour l’exercice, et bien souvent, elle était la première à battre en retraite pour ne pas indisposer ses prétendus ennemis, très peu disposée à tendre le bâton pour se faire battre. Cependant, il y avait des tons qui blessaient plus que d’autres, même venant d’un critique, et celui qu’emprunta Anna eut un effet inattendu sur Cat. Tandis qu’elle s’était jurée de ne pas se laisser atteindre par les débats sur sa condition, et les avis sûrement tranchés qui en découleraient, seule détentrice d’une vérité que personne n’avait besoin de connaître si ce n’était Tate, elle eut soudain une envie déplaisante de pleurer. Et n’étant pas une pleurnicheuse, plus ou moins reconnue pour son calme et sa placidité apparente en public, elle s’en étonna. Ses yeux se verrouillèrent à ceux d’Anna, perdant de leur éclat infus pour mieux se border de larmes. Le regard qu’elle lui rendit, la détaillant avec une méticulosité qui lui donna la sensation soudaine d’être nue, fut de trop, et un sourire pour sauver les apparences plus tard, la jeune femme opéra un nouveau et subtil pas en arrière tout en lui disant :

« Très bien. » Ce n’était pas tant le choix évident qu’Anna avait fait de lui répondre avec si peu de conviction qui la heurta, au point d’en ressentir une douleur lancinante dans sa poitrine, mais bel et bien son antipathie qu’elle reçut telle une vague impromptue et dominante en plein visage. Il y avait des choses qu’Ecaterina ne tenait pas à savoir concernant Tate – s’il continuait à ne pas vouloir considérer leur liaison discrète comme une vraie histoire, s’il avait repris le décompte de ses conquêtes, s’il avait délibérément décidé de ne pas la contacter après avoir lu la lettre qu’elle lui avait laissée, s’il prenait le temps de saisir la perche qu’elle lui avait tendu l’air de rien, ou encore s’il était dérouté... Alors pourquoi avait-elle ressenti le besoin immédiat de prendre de ses nouvelles ? Pour cacher ses yeux, Cat les posa sur le contenu de son panier qu’elle ramena devant son ventre, et finit par lancer « J’ai encore des choses à faire, alors je vais y aller. » Après avoir pincé les lèvres, elle commença à prendre son chemin, dépassant Anna à qui elle dit « Tu souhaiteras bonne chance à Tim pour euh… » Elle ne termina pas sa phrase, sentant le passage au milieu de ses cordes vocales se serrer si fort qu’elle dut se racler la gorge pour annihiler les picotements qui la firent craindre le pire, et pendant que d’un pas lent au début, elle rejoignit le dédale d’allées, Ecaterina attendit d’être assez loin d’Anna pour se sommer en chuchotant « Ne regarde pas derrière toi, ne regarde pas derrière toi, ne reg… »

Son champ de vision devint flou, et dans sa bouche, sa salive devint pâteuse et difficile à avaler. Ses mâchoires se serrèrent, carrant l’ovale de son visage jusqu’à ses oreilles dont les bourdonnements remplacèrent le silence pesant qui régnait dans le magasin. Ses jambes accélèrent le pas, comme si elles essayaient d’échapper à un assaillant, et sans qu’elle ne puisse s’en défendre plus longtemps, craignant sans doute qu’Anna ne la suive, elle lança un regard par-dessus son épaule. Quand elle croisa de nouveau son regard, une interjection qu’elle ne sut retenir s’échappa de sa bouche, et au dernier moment, elle tourna dans le premier rayon vide qui se présenta à elle. Ecaterina, son panier enfilé autour de son poignet comme un gros bracelet, continua à marcher vite sur quelques mètres, avant de s’arrêter en plein milieu, et de lever ses poings qu’elle serra au-dessus de sa tête pour retenir le gros sanglot qu’elle laissa finalement éclater.
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MessageSujet: Re: #1. [Rosecliff's Market] The perks of being wallflowers   Mar 30 Aoû - 18:39

La révélation frappa Anna comme la foudre alors que Cat tentait comme elle pouvait de garder bonne figure. Cela ne dura qu'une fraction de seconde cependant, puisque la petite blonde s'enfuyait déjà, murmurant des banalités polies, avant même qu'Anna ne puisse réagir et trouver de quoi répondre. Elle ne comprenait pas comment elle n'avait pas fait le rapprochement plus tôt. Avant son départ de Rosecliff et pendant les préparatifs du mariage, Tate lui avait avoué à demi-mots qu'il voyait quelqu'un, régulièrement, et de ce qu'elle connaissait de son ami, c'était sans doute sa relation la plus stable à ce jour, si l'on exceptait son ex-femme. Il s'était néanmoins toujours montré évasif sur le qui, le où et le comment, et Anna avait donc renoncé à le questionner, mais aussi à tenter de le caser contre son gré avec Ecaterina, malgré leur alchimie explosive et leur complicité évidente. Elle gardait l'idée en tête pour des jours meilleurs, quand l'avocat en aurait fini avec sa poupée du moment...

Maintenant qu'elle suivait des yeux son interlocutrice, fuyant à travers les rayons, elle remarquait enfin que tout concordait : les yeux bouffis par les larmes, la moue tremblotante à la mention du prénom, la mèche ébouriffée par des doigts trop agités par l'indécision (l'appeler ou ne pas l'appeler ?)... Ecaterina était officiellement tombée dans le piège à filles incarné par Tate Bartwoski. Et il n'y avait qu'une conclusion à tirer : Anna Preston avait toujours raison.

Avant de disparaître à l'angle de la promotion sur les céréales chocolatées, format familial, Ecaterina se retourna vers Anna. Et le cœur de pierre de la britannique fondit en y lisant un mélange d'angoisse et de tristesse qui lui rappelait bien des mauvais souvenirs. "F*ck !" lâcha-t-elle en ignorant les regards outrés des mères de famille autour d'elle. Plantant son panier en plein milieu de l'allée, elle se mit à courir derrière Miss Robertson, bousculant deux ou trois clients surpris au passage.

Ecaterina avait bien choisi son rayon : jardinage et plantes vertes, à une période de l'année où les habitants de Rosecliff se préparaient plutôt déjà à s'emmitoufler pour l'automne. Vide à souhait donc, hormis quelques nostalgiques de la pioche et de l'engrais.

"Cat. Euh... Cat ? Je crois qu'il n'est pas conseillé de courir comme une dératée quand on est... Euh... Enceinte."
Retenant sa respiration, Anna s'approcha et écarta doucement les mains d'Ecaterina, récupérant le panier pour le déposer au sol un peu plus loin. "Et je crois que tu n'es pas supposée porter des charges lourdes, non plus..."
Depuis quand Anna était-elle devenue un puit de connaissances en matière de grossesse ? Est ce qu'elle avait prêté trop d'attention aux discussions de sa grand-mère avec ses amies, petit groupe de mémés chipies jouant au bridge avec un pichet de thé glacé sur la table (et une bouteille de rhum pour épicer le mélange), faisant l'inventaire pendant des heures des naissances, mariages et décès à venir ?!
Prudemment, elle attrapa le bras de Cat et la tira vers le fond du rayon, espérant la protéger du regard des curieux. "Excuse moi, je n'avais aucune idée de... Il ne m'a rien dit..." Anna regretta immédiatement ses paroles. S'il n'avait rien dit, est ce que ça voulait dire qu'il ne savait pas ? Mais s'il ne savait pas pourquoi Cat s'était-elle montrée si insistante ? Est ce qu'elle avait déclenché une nouvelle crise de larmes avec sa maladresse ? Il ne fallait pas contrarier une femme enceinte, précepte qu'elle trouvait sexiste et réducteur mais qui était peut être fondé, en fait... Elle fixa le regard embué d'Ecaterina, y cherchant la réponse à sa question insoluble. Puis, fidèle à sa réputation, elle se lança à nouveau, tentant de combler le vide de cette conversation maladroite.
"Ça a fait un mal de chien. Le tatouage. Depuis je suis secrètement impressionnée par le seuil de tolérance à la douleur de Tim. Mais ne lui dis pas s'il te plait, ça lui ferait trop plaisir..."
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MessageSujet: Re: #1. [Rosecliff's Market] The perks of being wallflowers   Mer 31 Aoû - 11:33

Ecaterina n’aurait jamais cru pouvoir regretter un jour ses crises de panique. Au moins, et au contraire de la crise de larmes qui la submergeait au milieu de l’allée dans laquelle elle s’enfonça sans réfléchir, elle aurait pu la contrôler. Sa méthode était simple : appeler son frère, qu’importe l’heure, pour lui demander expressément de lui chanter la première chanson qui lui venait à l’esprit. La moitié du temps, son choix se portait sur I’ve Had The Time of My Life. L’autre moitié du temps, elle finissait par entamer le refrain avec lui, beuglant à travers le téléphone en se souciant peu des dizaines de fausses notes qu’elle faisait à la seconde, se remplissant tout simplement les poumons de l’air qui lui avait manqué pour gérer telle ou telle situation. Elle ne pouvait pas appeler son frère aujourd’hui. Cette constatation eut pour effet de la faire pleurer un peu plus fort, et de faire se retourner sur elle, deux clients du magasin aux prises avec la liste des composants du dernier engrais à la pointe. Ils la regardèrent avec insistance, mais ne bougèrent pas d’un iota, et puis quoi encore ? Dans une inspiration secouée de hoquets, Cat voulut se ranimer pour partir définitivement de là, tant pis pour ses vergetures, mais rien ne se passa. Après avoir remonté la bretelle de son sac à main sur son épaule, son panier à provisions dansant au-dessus de sa tête, elle resta plantée au milieu du passage, se faisant dévisager par le couple de jardiniers.

Non, Ecaterina ne pouvait pas appeler Dorian. Elle ne pouvait pas lui avouer qu’elle détestait vivre dans cette ville, qu’elle détestait qu’elle lui impose de réfléchir autant à cause du silence qui y régnait en permanence, qu’elle détestait être seule, qu’elle détestait devoir vivre avec l’idée d’avoir fait une grosse erreur en ne parlant pas de sa grossesse à Tate, et que rien autour d’elle ne semblait tourner rond. Il s’empresserait de quitter Lima pour la rejoindre, ne serait-ce que pour gérer en personne le gros coup de blues de sa petite-sœur, et peut-être qu’au passage, il réussirait à la convaincre de rentrer avec lui…

La voix d’Anna la fit se raidir. Tout en clignant des yeux, elle redressa le menton. Pour se débarrasser de la pellicule de larmes qui faisait luire son visage, Cat se hâta de passer une main sur ses deux joues, et pour lui échapper, elle fit un premier pas en avant. Sauf qu’elle la rattrapa bien avant que ses réflexes ne lui permettent de s’enfuir. Elle lui écarta les bras, et la déchargea du panier qu’elle tenait dans les mains, bien qu’il n’était pas lourd, et qu’elle n’était pas impotente. Si elle ne se sentait pas si honteuse et stupide à ce moment-là, elle lui aurait rappelé que la grossesse n’était pas un handicap, comme la plupart des gens semblaient le penser, mais rien ne sorti de sa bouche, si ce n’est un soupir hachuré, plein de tristesse et de regrets. Il était loin le temps où elle écrivait à Tate qu’elle ne regrettait rien de leur histoire. C’était toujours le cas, néanmoins si elle avait eu le pouvoir de changer la fin – et ce qui lui faisait le plus mal dans le fond, c’était qu’elle l’avait eu, ce pouvoir –, elle n’aurait pas hésité une seule seconde à la réécrire. Si seulement elle n’avait pas eu peur d’enfreindre ses règles en l’invitant à admettre qu’ils étaient un couple.

« Il ne le sait pas. » répondit-elle d’une voix tremblante et pleine de larmes. S’entendre aussi vulnérable lui fit horreur. Cependant, elle se laissa emporter par la main d’Anna qu’elle remercia silencieusement de la délivrer des œillades avides du couple présent dans l’allée « Je ne savais pas comment le lui annoncer sans avoir l’impression de lui poser un ultimatum. Les choses ont toujours été claires entre lui et moi, je n’ai pas voulu le… » Sa gorge, déjà douloureuse et affreusement sèche, lui lança brusquement, et elle s’arrêta aussi vite de parler. Elle se justifiait, mais comment ne pas le faire, alors que la personne en face d’elle avait déjà une mauvaise opinion d’elle, et qu’elle était en plus, ce qui se rapprochait le plus d’une amie pour Tate ? Elle s’en voulait d’imposer ses états d’âmes à Anna. Alors, Cat se redressa en inspirant très fort, et ses mains se levèrent devant elle. Les confessions, ce n’était pas son fort, et d’après ce qu’elle avait appris au cours de l’année précédente, ce n’était pas vraiment celui d’Anna non plus. Confuse, Ecaterina secoua la tête, et ses doigts vinrent rapidement glisser une mèche de cheveux derrière son oreille « Excuse-moi, je ne veux pas te mettre mal à l’aise. » Et tandis que ses yeux étaient toujours humides, elle laissa échapper un petit rire pour réagir à la remarque de la jeune femme sur son tatouage et le seuil de tolérance à la douleur de son époux ; elle savait, elle en avait deux. Au lieu de retourner la conversation dans sa direction, elle préféra lui dire « Je garderai ton secret. » Cat marqua une pause, et ses yeux embués retrouvèrent ceux d’Anna. Une nouvelle fois, elle secoua la tête en la baissant, et la mine contrite, elle ajouta « Je ne te demanderais pas de faire la même chose, rassure-toi. » Tout doucement, elle releva la tête, et comme si ce n’était pas elle qui avait besoin d’être réconfortée, elle tendit spontanément la main pour venir gentiment frotter le bras d’Anna. Les sourcils froncés, et un petit sourire réussissant presque à faire oublier ses larmes et sa petite voix inhabituelle, elle lui murmura, tout en tachant de paraître la plus convaincante possible « Ça va aller. »
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MessageSujet: Re: #1. [Rosecliff's Market] The perks of being wallflowers   Sam 10 Sep - 20:39

Pour la première fois depuis leur rencontre, une partie d'Anna se mit à détester Tate Bartowski.
En fait ce n'était pas tout à fait exact, il lui avait d'abord fait une très mauvaise impression quand il avait poussé la porte de sa galerie à Lima, mais elle s'était vite laissée conquérir par son charme aristocratique et ses conversations cultivées.

Ici et maintenant cependant, une Ecaterina bouleversée à ses côtés, elle se prenait à haïr Tate et son indifférence nonchalante, ses airs aussi séducteurs que manipulateurs et ses règles en matière de fricotage qui se résumaient entre autres à : se comporter comme un goujat, encore et encore, et ne jamais fréquenter la même femme plus de quelques nuits, de peur qu'elle ne s'attache.
Anna était bien trop cynique pour tomber dans le panneau et c'était pourquoi sa relation avec l'avocat tenait la route, toute la potentielle tension sexuelle s'étant muée rapidement en amitié solide.

"Si annoncer sa grossesse à un homme, c'est lui poser un ultimatum, alors tous les hommes de la terre feraient mieux d'apprendre à gérer leurs envies et de réviser leurs cours d'anatomie, option contraception !"
C'était sorti tout seul, et Anna se mordit la lèvre. Une diatribe féministe n'était peut être pas ce qu'Ecaterina, dont les yeux gonflés faisaient peine à voir, souhaitait entendre en ce moment.
Les accidents arrivaient et même si le désir de maternité demeurait un mystère pour Anna, elle pouvait comprendre qu'un accident se mue en révélation, voire en nécessité.
À observer sa mine radieuse malgré ses larmes, Ecaterina semblait sûre de son choix... Mais Tate ne pouvait pas être laissé dans l'ignorance. Lui aussi avait le droit de faire son choix, et c'était difficile si on ne lui en laissait pas l'opportunité.

Quand Ecaterina lui promit de garder son secret, Anna déglutit avec difficulté. La vie avait repris autour d'elles, même si quelques curieux les observaient toujours avec avidité, espérant plus de larmes, de cris, ou de sueur.
Mais après cette rencontre inattendue, Anna savait qu'elle ne pourrait pas retourner à ses activités, ou plutôt son oisiveté du moment, sans arrière pensées. La confession d'Ecaterina la laissait dans une position délicate. Elle n'avait pas le droit d'ébruiter un secret qui n'était pas le sien, mais elle ne pouvait pas non plus, par loyauté envers Tate, laisser glisser l'information.
Si les larmes de la blondinette l'avaient déstabilisée, le poids de ce secret lui pesait déjà bien lourd.

"Je... Ce n'est pas à moi de lui dire. Mais il a le droit de savoir," avança Anna, prudemment mais fermement.
Elle se demanda si Charlie et Lexie étaient au courant, si quelqu'un d'autre, mieux placé qu'elle, pouvait tenter de convaincre Ecaterina de parler à Tate.

Le contact de la main de son interlocutrice sur son bras fit frissonner Anna. Elle n'était pas habituée à une telle proximité physique avec ses amis ou ses connaissances, la seule, en dehors de Tim, qui la touchait, tripotait, pinçait ou chatouillait étant sa petite sœur.
Une vague de chaleur suivit cette étrange sensation et Anna observa Cat plus longuement, alors que cette dernière se montrait déjà sur le départ.
Anna n'était pas sûre de pouvoir ou de vouloir trouver les mots pour la retenir, ou encore pour la convaincre. Et elle était loin d'être sûre que "ça irait", justement. Elle tenta une dernière fois: "Cat," l'appelant par un surnom familier pour leur groupe d'amis en commun, mais inédit pour elles, "Tu ne peux pas porter ce poids toute seule..." Au propre comme au figuré.
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MessageSujet: Re: #1. [Rosecliff's Market] The perks of being wallflowers   Dim 11 Sep - 14:03

Les yeux de Cat se remirent à briller. Elle s’agaçait rarement, mais ici, les velléités de la jeune femme à vouloir lui faire passer un message qu’elle connaissait la fit fulminer et lui redonna envie de pleurer. Elle n’avait pas besoin qu’on lui fasse la leçon, elle se la faisait suffisamment toute seule.

Est-ce que sa grossesse était un secret ? Elle ne l’était pas, autrement elle y mettrait du sien pour au moins faire en sorte de dissimuler ses formes, surtout jugée comme elle l’était ces derniers temps par la communauté bien-pensante de Rosecliff. Considérant sa tenue du jour, ça n’était pas dans ses plans, n’en déplaise à Jake Herman-Johnson : elle adorait être enceinte et malgré sa position, elle n’avait pas à le cacher. De toute façon, une bonne partie de ses proches étaient au courant, bien que Dorian et sa belle-mère – et maintenant Anna – furent les seuls à connaître l’identité du père de son bébé. Comme son ex-comparse choriste, ils avaient tous les deux cherché à lui faire comprendre qu’il était important qu’elle en discute avec Tate. Comme si elle était irresponsable et complètement déconnectée de la réalité de la tâche qui l’attendait. Encore une fois, elle n’était pas.

Elle se revoyait lors du trajet Toledo-Lima – le dernier qu’elle fit en compagnie de Tate. Lancé à grande vitesse, le train rendait les paysages défilant sous ses yeux étrangement similaires si bien qu’à un moment donné, elle avait eu le sentiment de faire du sur place. Ça l’avait plongé dans une double-lecture troublante de la situation dans laquelle elle se trouvait à ce moment-là. Toledo était loin derrière, pourtant la conversation qu’elle avait eue avec Carole le matin-même s’était répétitivement joué dans son esprit, rendant ses œillades plus lointaines encore. Elle était enceinte, et après ? Devait-elle se réjouir de la nouvelle, bâtir son futur dessus, ou envisager de prendre rendez-vous à la clinique le plus tôt possible ? Wyatt n’était encore au courant de rien à cette époque, mais elle aurait insisté pour qu’il s’occupe d’elle si elle décidait d’interrompre sa grossesse – un accident pur, car ils se protégeaient, comme les deux adultes consentants et responsables qu’ils étaient. Wyatt et Ecaterina ne s’entendaient pas tout le temps, cependant elle avait toujours pu compter sur lui dans les moments difficiles : son professionnalisme étant à rude épreuve, elle savait qu’elle trouverait en lui un allié de poids, en plus d’un ami qui l’épaulerait si jamais elle finissait par craquer. Et elle s’était dit qu’elle craquerait, il ne pouvait en être autrement. Mais plus que jamais, elle avait sous-estimé sa capacité à prendre sur elle, la preuve en était aujourd’hui.

Elle y avait pensé évidemment, et si elle n’avait pas fait une analyse de son évolution récente, la question ne se serait même pas posée : elle se serait faite avorter, point. Sauf qu’elle était jeune, en bonne santé, capable, avec un emploi stable et de confortables économies, qu’avait-elle à perdre sinon son autonomie ? Son regard s’était alors posé vers Tate. Elle avait ouvert la bouche et l’avait refermée plusieurs fois d’affilé, avant qu’il s’en aperçoive, et qu’il la fasse enfin s’exprimer. Son cœur s’était emballé, comme s’il avait su qu’il ne sortirait pas indemne du dialogue qui s’apprêtait à se jouer. Un filet de voix s’était échappé de sa gorge, et elle avait marqué une pause au tout dernier moment. Choisissant ses mots avec soin, elle s’était encouragée mentalement à sauter le pas.

Vraiment, elle avait essayé de lui dire. Cat lui avait demandé, un peu maladroitement au demeurant, prétextant qu’il s’agissait d’une question à titre informatif, ce qu’il se passerait si l’un d’entre eux rompaient la promesse qu’ils s’étaient faite. Ce qu’il lui avait répondu ne l’avait pas surprise, ça n’avait fait que confirmer ce qu’elle savait déjà en réalité : ils devraient arrêter de se voir. Dans ces conditions, comment était-elle supposée lui annoncer sa grossesse ? Etait-ce si difficile à comprendre qu’elle se soit laissée dépasser par les évènements ? Elle n’avait que de la tendresse pour Tate et beaucoup de respect pour l’homme qu’il était et la façon dont il menait sa vie, mais il ne lui avait pas facilité la tâche. Et si elle n’avait pas eu autant de scrupules à avoir rompu sa promesse, tout aurait été tellement plus facile, mais ils étaient compliqués. Il n’y avait aucun déséquilibre dans la répartition des fautes qu’ils avaient commises : ils étaient responsables l’un autant que l’autre, Cat ne le nierait jamais, ne se ferait pas plaindre et ne désavouerait Tate en face de quiconque. Au lieu de devenir un frein pour lui, elle s’était tut pour mieux, quelques jours plus tard, et avec courtoisie, car s’ils ne s’étaient pas parlés depuis, ce n’était absolument pas par rancœur ou fâcherie, lui annoncer qu’elle commençait à mal gérer leur liaison secrète. La suite, on la connaissait.

« Je sais qu’il a le droit de savoir. Il le saura et par moi de préférence. Je n’essaye pas de confier la tâche à quelqu’un d’autre… Et surtout pas à toi, Anna. » lui répondit-elle, les larmes au coin de ses yeux témoignant du niveau de contrariété qu’elle avait atteint « J’ai essayé de lui dire avant de partir tu sais. Mais je n’ai pas réussi. » Elle ne s’attarda pas, malgré la douceur avec laquelle elle prononça ses dernières paroles : elle avait déjà l’impression d’en avoir beaucoup trop dit et ça la mettait mal à l’aise. Ecaterina voulait partir « Je ferais mieux d’y aller. » lui dit-elle après lui avoir touché le bras en lui assurant que ça allait. Elle récupéra sa main, replaça son sac sur son épaule, mais ne se soucia pas de son panier qu’elle laissa à l’abandon tandis qu’Anna s’adressait à elle une dernière fois « Je trouverai comment lui annoncer. Laisse-moi encore un peu de temps. » Elle s’apprêta à pivoter sur elle-même mais se retenant, elle ajouta au dernier moment, la tête tournée dans sa direction « Je vis sur Roosevelt Gardens. La porte rouge. Juste au cas-où… »
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MessageSujet: Re: #1. [Rosecliff's Market] The perks of being wallflowers   Mar 18 Oct - 23:09

Dans les phrases un peu trop assurées d'Ecaterina, Anna crut percevoir une menace latente. Miss Robertson pensait-elle vraiment que la jeune femme allait se précipiter sur son téléphone pour contacter Tate, une fois ses retrouvailles malencontreuses avec son ancienne camarade de chorale achevées ?
Anna, aussi longtemps qu'elle y avait habité, avait représenté la sagesse et la raison au sein de la Pension Preston, maison de fous et colocation d'éternels ados. Mais malgré toute la bonne volonté qu'elle mettait à avoir toujours toujours raison, elle n'avait pas le fond d'une donneuse de leçons.
Certes, la poche dans laquelle elle avait rangé son téléphone après sa conversation abruptement interrompue avec Lexie la démangeait soudainement, mais qu'est-ce qu'elle aurait bien pu dire à Tate ? Que la fille avec laquelle il avait à peine reconnu avoir une liaison auprès d'Anna, venait de lui annoncer, à elle plutôt qu'à lui, qu'elle était enceinte ? Cela s'annonçait encore plus maladroit que la conversation qui se terminait douloureusement dans l'aile jardinage du supermarché principal de Rosecliff.

Anna ouvrit la bouche mais fut interrompue par les adieux d'Ecaterina et la promesse, furtive, que leur "ami" commun serait bientôt informé de la situation.
Cela faisait quelques minutes déjà que son interlocutrice cherchait une porte de sortie et elle s'éclipsa  d'une pression sur le bras d'Anna, non sans une dernière révélation troublante.
C'était la première fois que Cat et Anna se quittaient sur la possibilité de se retrouver volontairement, dans de meilleures conditions. Répondant à l'invitation par un petit sourire qui n'engageait à rien, la jeune femme observa la silhouette arrondie de la blondinette s'éloigner. Elle inspira puis souffla longuement, comme si tout son oxygène avait été absorbé par l'anxiété face à la complexité de la situation d'Ecaterina. Et de Tate.

Sa main se porta automatiquement à son téléphone et ses doigts cherchèrent le numéro de l'avocat avec un automatisme effrayant. Elle fixa l'appareil avec intensité, hésitante. Meme en ne le faisant sonner qu'une seule fois, elle scellait l'avenir des trois protagonistes de cette histoire. Et compromettait une possible amitié  avec Ecaterina qu'elle n'était même pas certaine de vouloir entamer. Et si elle ne faisait rien...

Anna se mordit la lèvre et finit par frénétiquement pianoter des mots sur son écran.

"Hey. Thinking of you. Rosecliff sucks. Still you should come and visit. Call me."




Avant d'envoyer son message, Anna regarda autour d'elle, comme pour s'assurer que personne ne pourrait témoigner de ses actions. Elle était tentée de rappeler Lexie mais elle se savait incapable de garder pour elle ce secret qui ne lui appartenait pas. Elle lâcherait le morceau, elle le sentait, et les choses ne ferait qu'empirer. Avec un soupçon de culpabilité, elle finit par presser l'icône "envoyer" et chercha un autre numéro dans ses contacts. Depuis l'apparition d'Ecaterina, la jeune femme sentit le soulagement l'envahir pour la première fois quand la voix réconfortante de Tim décrocha à l'autre bout du fil.

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