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 The White Walkers

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MessageSujet: The White Walkers   Jeu 25 Aoû - 15:36

Idris Hanlon était vieux, d’accord, mais il n’était pas encore sénile – encore moins idiot. Il siégeait au Comité depuis ses premières heures, et par conséquent, s’estimait en droit de donner son véto sans avoir à s’étendre en justifications auprès d’une génération bien plus jeune que la sienne et bien plus culotée. Il avait tempêté toute la semaine précédente, peu lui avait accordé le moindre crédit. Cette marche blanche était une mauvaise idée. Une très mauvaise idée. Ce à quoi on lui avait reproché son manque d’investissement, de passion, son âge avancé. On lui avait prêté une lassitude à l’égard de sa « communauté » et il ne s’était jamais senti plus insulté – lui qui vivait à Rosecliff depuis la fin des années 50 et tenait l’intérêt de ses habitants à cœur comme s’ils avaient été ses propres enfants. C’était tout bonnement scandaleux : mais ils avaient voté, à mains levées, et la majorité l’avait emportée.

Avec l’accord pourtant réticent du Comité, Parker Chapel avait organisé une marche blanche pour commémorer l’incident du 7/07 au départ de l’hôtel de ville jusqu’à l’Église où se tiendrait ensuite une assemblée. La distance n’était pas exorbitante, mais elle mettait Idris dans un état de nerfs contagieux. Jamais Madison Grove et Roosevelt Gardens ne lui avaient semblé plus éloignés. L’avenue principale avait été banalisée par les adjoints du Shérif, les rues adjacentes barrées pour l’occasion, et des cierges blancs avaient été mis à disposition des marcheurs endeuillés.

Bien qu’il soit bon marché, Idris lissa les plis de son costume avec attention avant de monter sur l’estrade pour faire face à ses voisins, à ses voisines, à sa communauté. Les visages se levèrent vers lui, comme un seul, et il eût envie de faire demi-tour, d’en appeler à une voix plus jeune pour s’exprimer à sa place. Sa bouche devint sèche, et l’image d’un garçon, allongé dans un lit d’hôpital, victime d’un crime de haine s’imposa à lui. Il ne pensait pas ces mots à la légère. Il ne traiterait pas la situation à la légère non plus. Il échangea un regard appuyé avec sa femme, avant de se racler la gorge. Dans son dos, le Mémorial du 7/07 paru plus grand que jamais.

« Mes amis. Aujourd’hui est un jour de deuil. Aujourd’hui, nous nous rappelons nos morts et les dix années où nous avons dû vivre sans eux. » Il marqua une pause mesurée, et une expression mêlant chagrin et compassion s’installa doucement sur son visage ridé. Sans même jeter un coup d’œil par-dessus son épaule pour consulter une liste aujourd’hui tristement familière, Idris reprit la parole : « Becky, Lenny, et Sondra Byers. Jake Collins. Barry et Simon Green. Nimah et Téa Hassan. Gunnar Irving. Eva Morales. Raymond Sykes. » À mesure que les noms défilaient dans sa bouche, il adressa une œillade pleine de sollicitude aux différents membres des familles endeuillées qu’il pouvait apercevoir depuis son perchoir. Il posa sa main sur sa poitrine, à l’emplacement du cœur, et pour une fois, fît son âge : « La liste est suffisamment longue, les enfants. Vous me direz que je suis un vieux schnock qui l’ouvre un peu trop, mais faite attention à vous, à vos proches. On a pas besoin d’ajouter des noms à cette liste. » La référence aux violences que connaissait dernièrement Rosecliff ne pouvait pas être plus claire. D’une voix douce, il ajouta : « Si quelqu’un souhaite s’exprimer avant le départ, allez-y. Ensuite, on ira se dégourdir les rotules. »
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MessageSujet: Re: The White Walkers   Dim 28 Aoû - 15:39

C’était une mauvaise idée, Jake le savait, il était certain que quelque part, dans la foule, probablement près de son frère ou de son époux, Billie se disait la même chose. Ou alors elle était trop occupée à gérer ses propres regrets. Jake se fit une note mentale de lui proposer son mouchoir s’il la voyait, ou alors peut-être qu’il ferait son discours rapide, simple et efficace et il emprunterait le chemin de sa demeure. Il eut un maigre sourire à cette pensée, probablement déplacé à cet instant, on l’imaginait mal lui, le porte-parole du Désaccord, retourner tranquillement chez lui et ignorer la douleur et la peine de certains habitants. Surtout quand on savait à quel point le Désaccord était maitre dans ces deux arts. Jake était surtout peiné d’avoir dû quitter son lit alors qu’il était en très bonne compagnie, il avait dû répéter à sa conquête du jour que oui il devait vraiment y aller et et que oui, elle pouvait faire se mettre à son aise dans sa demeure. C’était sa manière  à lui d’enterrer son deuil et de passer à autre chose, penser au 7 juillet n’était jamais une expérience plaisante, il avait réussi à éviter les questions trop gênantes pendant dix ans, avait balancé son discours d’homme changé à qui voulait l’entendre et les questions avaient cessé. Personne ne se disait qu’il se rappelait les quelques jours à l’hôpital ou son propre réveil un peu trop brutal. Personne n’avait besoin de le savoir de toute façon, Jake Herman-Johnson avait juste besoin de paraitre aussi lisse et travaillé que les pans du costume qu’il portait, rien de plus rien de moins.

Néanmoins, son esprit fut ailleurs pendant le discours d’un membre du Comité, il pensait toujours à la belle plante qu’il avait laissé chez lui et qu’il se chargerait d’arroser à son retour. Il se demanda ensuite si cette chère Miss Robertson pointerait le bout de son nez et son ventre rebondi avant de chasser l’idée. S’il pensait trop, il risquait vraiment d’éclater de rire et toutes les escouades du Désaccord du monde ne pourraient pas le protéger. Visiblement, Idris Halnon était d’humeur sentimentale et l’inquiétude était audible dans sa voix, signe qu’il partageait le même sentiment que Jake au sujet de cette marche blanche. Plus aucun moyen de tout arrêter à présent, le Comité avait donné son accord, un autre signe de faiblesse selon le brun. Les choses finiraient bien par changer, peut-être une fois qu’il aurait lui-meme intégré les rangs du Comité, mais ça, c’était l’affaire d’un autre jour. C’était son tour de s’adresser aux brebis galeuses devant l’hôtel de ville. Et contrairement à son prédécesseur, Jake n’avait pas prévu de mâcher ses mots ou de se montrer particulièrement charmant. Il n’était pas en deuil, la seule vie dont il se souciait, la sienne avait survécu ce jour-là et il n’avait personne à pleurer ou à regretter donc, dans tous les cas c’était à travers lui et par lui que le Désaccord s’exprimait. Et Jake avait des choses beaucoup plus importantes à dire et à faire que de panser les blessures de tous et de toutes. Il prit place sur l’estrade avec une aisance folle, comme si tout ceci n’avait été fait que pour lui au final. « Merci pour ces mots emprunts d’une grande sagesse Idris. » commença Jake, gratifiant même son ainé d’une main sur son épaule. Le geste se voulait rassurant et pas du tout dévalorisant… bien entendu. Il eut un dernier regard pour l’autre homme avant de se tourner lui-même vers le public.

« Je serai bref à mon tour et je me contenterai de dire que les pertes de ce sept juillet fatidique n’ont pas été oubliées. Chaque année a apporté son lot de regrets et bien entendu de renouveau et tous, nous nous sommes montrés sous notre meilleur jour pour apprendre de nos erreurs et continuer d’avancer en portant toutes ces pertes dans notre coeur. Je le dis et je le répète: nous n’oublierons pas. » Jake avait longtemps réfléchi au ton qu’il devait adopter et il s’était demandé si être compatissant ne revenait pas à être très hypocrite. Comprenez trop hypocrite pour lui. Mais non, qu’était-il à part le représentant d’une association bénévole et purement pacifiste après tout ? « Nous n’oublierons pas ceux qui nous sont chers et que nous ne pourrons jamais remplacer. Et j’ose espérer que chacun ici fera de son mieux pour ne pas souiller la mémoire de ceux qui ont perdu leur vie. Plus que d’être humbles et reconnaissants de cette seconde chance qui nous a été donnée, nous devons continuer d’oeuvrer pour le silence que nous savons tous salvateur. » Jake termina sa phrase dans ce silence qu'il affectionnait tant et après un dernier regard pour cette assemblée, il quitta l’estrade certain que cette marche blanche serait plus que révélatrice.
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MessageSujet: Re: The White Walkers   Lun 29 Aoû - 0:52

Lorsqu’elle s’était réveillée le matin de ce sept juillet symbolique, Billie n’avait pas été immédiatement frappée par la douleur. Elle n’avait ni pensé à Barry, ni à Simon. Elle avait d’abord tendu la main afin de faire taire le cri de son réveil, puis lentement avait ouvert les yeux, s’habituant progressivement à la faible luminosité dans laquelle était baignée la chambre à coucher. Un sourire était même apparu sur ses lèvres lorsque son regard clair s’était posé sur les traits fins du visage de son époux, encore endormi malgré le vacarme provoqué par son téléphone portable quelques secondes plus tôt. Alors qu’elle s’autorisait rarement plus de trois minutes de répit dans son lit après l’heure du réveil, elle avait soudain éprouvé le besoin de prolonger ce délai. Elle avait glissé une main sous le drap afin d’écarter délicatement le tissu du torse d’Austin, puis ses propres doigts avaient roulé sur la peau du shérif jusqu’à son réveil. Ce ne fut que vingt minutes plus tard, alors que Billie était de nouveau allongée sur ce même lit conjugal, le regard rivé sur le plafond, que le bruit de la douche en provenance de la salle de bain ramena le souvenir de cette date sinistre à son esprit. Des rides se creusèrent immédiatement entre les yeux de l’enseignante, qui préféra d’ailleurs les fermer une seconde plus tard. Elle roula sur le côté, dos à la porte entrouverte de la salle de bain, et sa mâchoire se crispa alors qu’une larme solitaire disparaissait sur l’oreiller.
Les vingt premières minutes de la journée avaient formé la parenthèse heureuse de la journée et bientôt, Billie commença à compter les suivantes dans l’espoir que les seize heures restantes filent plus rapidement. En vain.

Figée au milieu de la foule, Billie écoutait le discours d’Idris Hanlon avec un calme olympien, ne cillant même pas à l’évocation de son fils et de son ex-mari. Son corps entier était tendu, à l’affût du moindre mouvement de foule à la périphérie de son regard. Ce dernier était d’ailleurs vissé sur l’estrade, à quelques mètres devant elle. En dépit de la ténacité de ses confrères du Comité qui avaient lourdement insisté pour qu’elle rejoigne sur l’estrade les membres du Désaccord avant le départ de la marche blanche, Billie avait tenu à se trouver parmi les habitants de Rosecliff. Elle avait argumenté qu’elle serait incapable de formuler le moindre discours compte-tenu des souvenirs liés à l’événement dont l’anniversaire était ce jour-là célébré, alors qu’en réalité elle voulait simplement apparaître comme la veuve affligée, certes remariée, victime de l’événement tragique au même titre que des centaines d’autres inconnus qui avaient eux aussi perdu un proche dix ans plus tôt. Pour l’événement elle avait en effet dissimulé son visage derrière son masque d’habitante lambda, certaine que ce rôle-là la rendait plus sympathique auprès de ses concitoyens – l’heure était à la démonstration et à la manipulation des émotions, car il fallait bien rappeler à tous la cause qu’elle défendait fermement. Quitte à assister à cette marche blanche qu’elle n’avait pourtant cessé de condamner, autant faire les choses dans les règles de l’art.

Le discours d’Idris Hanlon se termina et la silhouette du vieillard laissa place à celle, assurément plus jeune et dynamique, de Jake Herman-Johnson. Billie autorisa son regard à se détacher furtivement des traits harmonieux du jeune homme pour constater l’effet que son discours provoquait chez les habitants de Rosecliff. Si Austin McLean et Tomas Hogan demeuraient parfaitement impassibles, les femmes qui entouraient Billie l’étaient bien moins et malgré la solennité de la cérémonie, elle pouvait presque entendre les soupirs s’échappaient de leurs lèvres. Billie réprima un hochement désapprobateur du visage et se concentra à nouveau sur Jake, dont les paroles résonnaient dans son esprit. Nous devons continuer d’œuvrer pour le silence que nous savons tous salvateur avait dit Jake. Le porte-parole du Désaccord connaissait l’impact de ses mots, qu’il avait sans aucun doute choisi avec soin. Billie aurait été incapable de faire mieux, aussi salua-t-elle intérieurement les efforts de Jake pour rappeler à tous l’importance du silence à Rosecliff. Aux yeux de l’enseignante, le silence était ce qui assurait encore aujourd’hui l’équilibre de la ville. Si cette dernière n’avait pas implosé immédiatement après le 7/07, c'était uniquement grâce aux arrêtés publiés dans la foulée par la mairie.

Billie assista aux quelques témoignages suivants dans la même posture et ne relâcha ses muscles que lorsque la marche s’apprêta à commencer afin de récupérer l’un des cierges blancs mis à disposition. Au-dessus des têtes, le ciel s’était couvert de nuages menaçant, rares pour ce début d’été 2016. D’après les calculs de la femme du shérif, il restait encore sept cent soixante-dix minutes avant la fin de la journée ; une éternité aux yeux de la principale intéressée.
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MessageSujet: Re: The White Walkers   Sam 10 Sep - 7:22

Lizbeth écoutait les discours d'une oreille distraite. Son père les avait forcés à se placer dans les premiers rangs car il souhaitait lui aussi dire un mot. Faisant partie du Comité et ayant participé activement à l'organisation de la marche, il prenait la journée très à coeur. Alors qu'il montait sur scène et commençait à son tour un court discours, Lizzie jeta un regard autour d'elle. Il y avait peu, elle avait découvert que son père était autrefois très impliqué dans le monde de la musique. C'était même toute sa vie d'après les photos et les articles qu'elle avait pu retrouver enfouis dans le fond d'un carton du grenier. Elle se demandait si tous ces gens qui prenaient la parole étaient eux aussi hypocrites comme son père. Elle comprenait que ce qui s'était passé ce jour là dix ans plus tôt était terrible, elle et les habitants en avaient été rappelés avec la longue liste de nom citée plus tôt, mais elle ne comprenait pas comment tous ces gens avaient pu renier leur vie d'avant, du moins son père.

Les discours lui parurent interminables. Elle ne se sentait pas à sa place ici. Non pas qu'elle ne compatissait pas pour ceux qui avaient perdu quelqu'un, mais elle était si jeune quand c'était arrivé qu'elle ne se rendait pas vraiment compte. Elle regarda l'heure sur son téléphone et se laissa distraire par des commentaires qu'elle avait reçu sur les réseaux sociaux. Elle ferait tout pour être ailleurs. Elle s'était même dit qu'elle en avait le pouvoir si elle voulait mais elle ne voulait pas laisser sa soeur seule avec ses parents. Elle fut soulagée de voir les gens s'agiter pour débuter la marche. Elle se plaça près de Billie qui récupérait un cierge. Elle lui fit un signe poli de la tête pour lui dire bonjour. Elle ne savait pas quoi penser de Billie. Elle savait que Billie l'aimait bien mais c'était juste parce qu'elle connaissait son père elle était sure. De son côté Lizbeth, commençant à se méfier de tout le monde, se demandait quel avait été le passé de Billie. Elle détacha son regard de sa professeur pour porter son attention sur sa soeur qui avait pris un cierge.

« - Attends ! Ne bouge pas » lui souffla-t-elle à l'oreille. Lizzie sorti son téléphone et se plaça derrière sa soeur. Avec la bougie, son chapeau noir, son pancho rayé et ses sandales, sa soeur semblait tout droit sorti d'une publicité. C'était le genre de moment que Lizbeth adorait prendre en photo. Elle ne savait pas si c'était interdit de prendre des photos en ce jour mais elle ne pouvait s'en empêcher. Elle tourna autour de sa soeur pendant quelques minutes avant de trouver l'angle parfait pour représenter ses sentiments - ce qui était assez compliqué. Elle se mit à marcher sans regarder où elle allait pendant qu'elle s'empressa de poster sa photo sur Instagram avec une légende [ It is not death that a man should fear, but he should fear never beginning to live. — MarcusAurelius ]. Elle rangea ensuite son téléphone dans sa poche avant de se hurter à un autre visage familier : Jake. Elle l'avait aussi déjà vu avec son père quelques fois mais n'en savait pas plus à son sujet à vrai dire. Elle n'avait retenu de son discours que la fin et elle devait avouer que tout ce silence blabla commençait à l'énerver et elle n'était pas sure d'en croire encore un mot. « - Oups, désolée » lui sourit-elle à moitié, pas du tout désolée, avant de tourner les talons le plus rapidement possible. Elle ne voulait pas qu'on lui parle de son père encore une fois. Elle avait l'impression d'être le mauvais mouton de la famille mais elle n'arrivait pas à prendre du recul depuis sa trouvaille. Elle se faufila jusqu'à sa soeur qui semblait bien trop contente que la photo d'elle sur Instagram ait déjà cent petits coeurs en seulement quelques minutes.

Lizbeth replaça ses cheveux derrière ses épaules après qu'un frisson l'ait traversée. Le ciel ne paraissait pas apprécier la journée non plus. Ca serait un miracle et un soulagement si la pluie pouvait tomber soudainement. Peut être que ça dissiperait la marche et qu'ils pourraient rentrer chez eux. Même si elle ne croyait pas en Dieu, elle serait prête à prier pour que ça arrive maintenant.
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MessageSujet: Re: The White Walkers   Sam 10 Sep - 11:40

Depuis son emplacement privilégié, Timothy assistait nonchalant à cet interminable défilé d'hypocrisie. Si la ville de Rosecliff adorait se déchirer, elle n'était jamais plus unie que dans la condamnation et la douleur. La liste des noms déroulée par le vieil Idris Hanlon lui avait certes déclenché un pincement au cœur, mais le psychologue en lui ne pouvait que constater parmi la foule un deuil partiel, presque nié. Son regard se faisait parfois fuyant, à la recherche du réconfort du visage familier d'Anna, qui avait promis de faire un tour à la marche pour feindre l'intégration. Qui pouvait la blâmer de refuser de s'intégrer parmi un tel concert de désolation et de jugement erroné ? Depuis 10 ans Rosecliff avait condamné derrière les barreaux le mauvais coupable et s'enlisait un peu plus dans l'absurdité de sa parodie de justice. Le discours de Jake Herman-Johnson était si peu audacieux qu'il résonnait dans un concert d'acquiescements et de signes de croix. Tim ne connaissait pas cet homme, mais il avait déjà cerné la technique avec laquelle il s'emparait de son auditoire. C'était somme toute très simple, il prêchait une parole commune en se faisant l'avocat du silence. Ce silence qui avait permis à la ville de contenir la vérité et de rester tournée vers le passé. Il avait fallu à Timothy quelques semaines seulement pour réaliser qu'il aurait mieux fait d'ouvrir un cabinet de psychologue plutôt qu'accepter le poste à West Unity. Les habitants de cette ville avaient beaucoup trop de ressentiment et de blessures enfouies. Il serait sans doute déjà millionnaire et aurait pu offrir à Anna une nouvelle galerie, ou toute autre chose qui aurait pu rendre Rosecliff plus attractive à ses yeux.

A la fin du discours de Jake, la foule retint son souffle. Bon nombre de visages s'étaient tournés vers une rousse élégante à l'expression endeuillée, avant que Stuart Penderghast ne prenne à son tour la parole. Tim avait remarqué comme l'élite du Comité l'avait bousculé jusqu'à l'estrade, jetant des coups d'œil pressants et furtifs vers l'autre extrémité du cortège, où le Désaccord se pressait déjà pour enrayer un début de protestation. Quelques dissidents vêtus de t-shirts "Justice4Noah" avaient à peine eu le temps d'ouvrir la bouche que la répression avait frappé. Leur petit numéro n'avait attiré l'attention que d'une poignée de personnes qui avaient roulé des yeux avant de se concentrer à nouveau sur le discours d'une banalité affligeante de Stuart. L'attitude colonisatrice de l'assemblée le révoltait. Le Comité avait balayé d'un revers de bons sentiments la véritable raison de ce rassemblement en évoquant les blessures qui affectaient tout le monde plutôt que l'incident isolé qui s'était produit à Madison Grove. Parker Chapel, le Comité, le Désaccord et les employés de West Unity se soutenaient en tête de cortège, dans ce même ordre méthodique. Il fallait bien faire comprendre subtilement à la ville qui tirait les ficelles en ce lieu. Timothy avait bien entendu était forcé d'assister à cette mascarade, pour symboliser l'union des institutions judiciaires et religieuses de Rosecliff et montrer une compassion opportuniste avec la famille de ce pauvre Noah, encore clouée au chevet de son lit d'hôpital. Quelqu'un d'un peu cynique dirait que l'adolescent avait mal choisi son timing pour se faire tabasser à mort. La liste des victimes à pleurer s'étendait bien loin devant lui.

"... nos pensées vont également à la famille de Noah Miller, qui n'a pas pu se joindre à nous aujourd'hui mais qui tient à partager toute son émotion et sa reconnaissance, pour ce petit hommage que nous lui accordons aujourd'hui. Que Dieu le protège." Enfin ! Aurait pu s'écrier Tim, si l'expression de son visage n'était pas si éloquente. Et quelle manie de tout rapporter à la religion sans que personne ne s'en offusque !
Ces mots ponctuèrent apparemment l'unité du cortège de West Unity, qui se dissipa dans la foule comme une nappe de pétrole dans l'océan. Habitué des festivals, Tim se fraya un chemin à son tour, espérant croiser une tête familière.

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MessageSujet: Re: The White Walkers   Lun 12 Sep - 19:29

Face à son miroir, observant la tenue qu'elle avait pour le moment choisie, Anna se trouvait confrontée à une question stupide mais déstabilisante : fallait-il porter du blanc lors d'une marche blanche ? Ou du noir ?
Pour l'instant son jean sombre et sa blouse crème à pois noirs ne lui donnaient pas entière satisfaction et elle tirait sur les bouts de tissu qui lui recouvraient les épaules avec une moue dubitative.
C'était très révélateur : toute absorbée par son envie de ne pas faire les choses, elle en était venue à douter de pouvoir les faire correctement, une fois que l'Obligation avec un grand "O" était venue frapper à sa porte avec ses lourds sabots. Elle attrapa sa tasse de café encore fumante sur la commode de leur chambre et étudia une fois de plus son image dans le miroir.

Tim avait quitté l'appartement quelques heures plus tôt, l'unité vacillante du personnel de West Unity exigeant des retrouvailles presque matinales pour apaiser un discours totalitaire un peu trop extrême chez certains membres de l'équipe. Cela laissait à Anna tout le temps de ruminer seule la futilité de l'événement organisé dans les rues de Rosecliff.

Sa première réaction à l'annonce de la Marche Blanche s'était résumée à un juron bien senti. Même pour une hypocrite née, tant d'hypocrisie crevait le plafond.
Elle ne connaissait pas la famille de Noah Miller, n'avait jamais croisé ses parents dans Madison Grove, mais elle les imaginait suffisamment ouverts pour élever un garçon courageux et sain, capable d'écouter sans crainte de la musique en public. Cet accident,  c'était plus qu'un manque de chance ou de prudence. C'était la preuve de la folie du Désaccord et du Comité.
Buvant une gorgée de son café brûlant, Anna se demanda ce que devaient penser les Miller ? Est ce qu'ils participeraient à la marche ? Elle en doutait... Par contre elle était sûre, que tout comme elle, ils regrettaient leur installation dans cette ville.

Un coup d'oeil à sa montre indiqua à la jeune femme qu'il était presque l'heure des festivités et que s'il elle ne se dépêchait pas, elle allait se mettre en retard. Elle décida que sa tenue ferait l'affaire et que le désordre provoqué par ses essayages pourrait attendre son retour. Tim n'était pas un maniaque du rangement non plus de toute façon.
Son mug à la main, elle se dirigea vers la cuisine, ouverte sur leur salon, pour récupérer ses clefs. C'était vraiment dommage que le petit appart soit aussi mignon. Il aurait pu faire parfaitement l'affaire comme premier nid d'amour si seulement les voisins et l'administration de la ville n'étaient pas aussi barjots. Enfilant sa veste, elle brisa presque sa tasse en la lançant dans l'évier, sa dernière gorgée de café bue d'une traite. Anna était maintenant vraiment à la bourre et elle s'en fichait éperdument.
Histoire de se mettre encore plus en retard, elle décida même en claquant la porte de l'appartement de marcher jusqu'au point de rendez vous.

Il était impossible à manquer tant la foule était dense. La jeune femme se mit à avancer plus doucement, peu désireuse de se mêler à autant d'inconnus dont les motivations demeuraient opaques. Quelque chose en elle, ou l'ambiance électrique peut être, lui disait qu'à tout moment ce rassemblement pouvait dégénérer. Si des êtres humains étaient capables de s'en prendre à d'autres uniquement à cause d'un choix de répertoire musical inapproprié, elle n'osait imaginer le drame qui pouvait se jouer si tous ces opposants se trouvaient réunis dans la meme rue.

Elle même n'était là que pour soutenir Tim. Et apercevoir de plus près les troubles membres du Comité. Elle avait lu quelques uns de leurs noms dans les journaux locaux, connaissait le visage du porte parole officiel du Désaccord,  mais la majorité d'entre eux demeuraient un mystère de motivation et de folie furieuse pour la jeune femme. Cela les rendait encore plus intéressants à ses yeux.

De loin, elle comprit que la dernière prise de parole officielle venait de s'achever. Pendant une fraction de seconde, elle aperçut Tim aux premiers rangs, avant qu'il ne disparaisse aussitôt, absorbé par la foule.
Anna fronça les sourcils et se rapprocha à contre cœur. Entourée d'une marée humaine, elle se mit à le chercher du regard avec anxiété.
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MessageSujet: Re: The White Walkers   Dim 18 Sep - 10:56

Justice4Noah estampillé sur la poitrine, Daisy mâchouilla son chewing-gum avec la même volonté qu’une Violet Beauregard en plein exercice de son art, le palmarès et la mâchoire d’acier en moins. Epuisée par son service du soir, et surtout par la fête qui avait battu son plein au Mallard Manor pour honorer comme il se devait la mémoire des victimes du 7 juillet – le seul vrai hommage de la ville qui méritait vraiment qu’on se déplace à son avis –, elle n’avait pourtant pas pris le temps de repasser par les Hills pour se départir de l’effluve de tabac froid, de sueur et de tristesse qui émanait de sa peau brune. Elle s’était directement mêlée au cortège de Riley à la sortie du manoir, ignorant royalement les recommandations de Dom. Un jour où l’autre, il finirait sûrement par la licencier.

Les yeux rivés droit vers l’estrade où les pantins du Comité se succédaient pour prononcer leurs discours convenus, elle était accotée à la balustrade du petit kiosque à musique installé en face de la mairie, les mains dans les poches arrière de son short en jeans. Même si elle se demanda si sa mère était présente aujourd’hui, et qu’elle opéra un regard respectueux vers le ciel pour honorer la mémoire de ceux qu’elle avait perdu, elle tressaillit à peine lorsque l’on prononça leurs noms : Becky, Lenny et Sondra Byers n’avaient pas besoin qu’on les utilise comme éléments promotionnels d’une campagne politique menée par des oppresseurs. Idris Hanlon pouvait bien dire ce qu’il voulait, il était vieux et probablement gâteux de toute manière : s’ils avaient été vivants aujourd’hui, eux auraient profité de l’occasion pour défendre la cause de ceux qu’on préférait oublier comme Noah Miller, et en musique, plutôt que de faire pleurer dans les chaumières dans l’espoir vil de récupérer un électorat. Daisy inclina le menton dans l’autre sens pour recentrer son attention sur le spectacle qui se jouait devant ses grands yeux verts. Un sourire amer fit remonter ses pommettes rondelettes tandis qu’elle entendait ses voisins renifler, sangloter et prêcher face à la parole de Jake Herman-Johnson, ce Messie de pacotilles dont les mœurs discutables avaient fait le tour du manoir…

« Espèce de sale connard hypocrite. » murmura, pas si discrètement que ça, Daisy en roulant des yeux « HYPOCRITE ! » hurla-t-elle alors en mettant ses mains en porte-voix et en se recalant convenablement sur la balustrade. Secouant la tête, elle croisa ses bras sur sa poitrine, s’attirant le regard agressif d’une vieille femme qui la toisa de bas en haut. La serveuse se sentit observée. Baissant les yeux pour la regarder, elle lui renvoya un grand sourire prétendument chaleureux qui s’effaça aussitôt qu’elle lui retourna le dos.

Dans la bouche de ces gens dont la seule préoccupation était de faire passer leurs idéaux en jouant sur la corde sensible, le déroulé de la liste des victimes du 7 juillet ne l’émouvait pas le moins du monde. Ce qui l’émouvait en revanche, c’était la façon dont les dissidents avaient été accueilli par la brigade du Désaccord. Riley ne s’était pas attendue à ce qu’on les escorte en grandes pompes, à vrai dire elles avaient prévenu ses volontaires qu’il y avait des risques majeurs à prendre part à sa cause en ce jour très spécial, mais au moins qu’on les laisse s’exprimer sur le cas de Noah qui se remettait doucement de ses blessures. Au lieu de ça, ils s’étaient vus refuser l’entrée au parc municipal. Du moins, une bonne majorité. Daisy, elle, avait réussi à se faufiler, ne faisant pas cas des coups de coudes et autres tentatives de la retenir par la ceinture de son short, grande habituée des punitions infligées par les costauds de West Unity lors de sa détention. Finalement, peut-être qu’elle aurait dû battre en retraite, car lorsqu’elle s’aperçut que personne ne prenait la peine de mentionner Noah, elle sentit un sentiment proche de la colère monter en elle.

« ET NOAH ? » protesta-t-elle à voix haute sans prendre le temps de mesurer les éventuelles conséquences de son audace « JUSTICE POUR NOAH ! » continua-t-elle sur sa lancée. Sa petite voix avait-elle réussi à percer la foule dense ? Elle n’en savait rien, mais sur l’instant, et pour la seconde fois, ses proches compatriotes se retournèrent sur elle pour la jauger avec plus de prudence désormais, un peu comme si elle était atteinte d’une grave maladie, et que le seul fait de la regarder auraient pu les condamner à une mort douloureuse et imminente – oh, s’ils savaient. Cette méfiance ne contraria pas Daisy qui se décolla furieusement de la balustrade du kiosque à musique pour descendre les quelques marches qui s’étalaient sous ses pieds. Une fois qu’elle sauta la toute dernière, et qu’elle s’apprêta à dépasser la silhouette de la vieille femme qui l’avait jugée des yeux, elle cracha son chewing-gum devant elle en signe d’ultime provocation. Sans se retourner, elle prit la direction de l’estrade sur laquelle on poussa Stuart Penderghast.

Daisy aurait pu s’arrêter en l’entendant enfin s’exprimer au sujet de Noah, sauf qu’elle continua, la mine renfrognée, les boucles échappées de son fichu dansant, plus gracieusement qu’on l’aurait cru, autour de son visage. Pour quoi faire ? Prendre le Comité à partie ? S’emparer du micro ? Scander face aux habitants de Rosecliff la justice pour Noah ? Elle ne savait pas, mais elle improviserait – elle était douée pour improviser. Perdue dans ses pensées, entre sentiment d’injustice et fureur, elle ne se rendit pas compte toute de suite qu’elle faisait du sur place. Soudain refoulée par la marée humaine qui s’apprêtait à former le cortège officiel de la marche blanche, elle tenta tant bien que mal de se faufiler jusqu’à l’estrade. Ce fût peine perdu, car elle se fit brusquement rejetée en avant et plongea, tête la première, vers le sol goudronné.
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MessageSujet: Re: The White Walkers   Ven 30 Sep - 23:32

Michelle s’immobilisa à une dizaine de mètres de la foule. Elle n’avait pas de problèmes avec ce genre d’affluence, mais aujourd’hui, elle était censée garder un œil alerte sur la marche commémorative – pas s’y joindre. Contre toute attente, elle avait été sollicitée par le Bureau du Shérif quelques jours plus tôt pour renforcer le cordon policier chargé d’encadrer l’évènement. Surprise, elle l’avait été. Inutile de mentir, les officiers locaux pétaient plus haut que leurs fesses et avaient bien trop de fierté pour faire appel à des indépendants comme elle, bien que ce genre de collaborations ne soit pas inédite ailleurs. Elle avait soupesé l’invitation, grommelé sur la grasse matinée bien méritée qui lui passerait sous le nez, avant de se forcer à rappeler le secrétariat du Shérif McLean pour confirmer sa présence. Elle, les employés de West Unity et ceux du Bureau du Shérif s’étaient réunis un peu plus tôt dans la matinée pour faire le point sur les objectifs de la journée, le déroulement des opérations et les risques potentiels de la marche. Si on le lui avait demandé, Michelle aurait sans doute affirmé que c’était se donner beaucoup de mal pour pas grand-chose. Fort heureusement, personne ne lui avait demandé son avis et elle avait pu continuer à ruminer silencieusement, sans offenser la moitié de ses collègues d’un jour.

Une paire de lunettes de soleil sur le nez, elle scanna attentivement la foule, sans rien relever d’inhabituel. Bientôt, elle parvint à faire redescendre d’un cran la tension suscitée par l’organisation de l’évènement et réussit à oublier cinq minutes le taser qu’elle avait pris la peine d’accrocher à sa ceinture le matin même, tandis qu’Idris Hanlon montait sur l’estrade pour ouvrir la cérémonie. On lui avait demandé si elle était certifiée pour le port d’une arme à feu ; mais elle avait jugé l’initiative excessive pour un évènement comme celui-ci et avait préféré la laisser chez elle. Elle s'en portait plus sereinement. Les mots du vieil homme glissèrent sur elle comme de l’eau sur un imperméable. Elle saisissait difficilement le concept d’une telle réunion et en scrutant les visages autour d’elle, Shay se demanda si elle était la seule à s’interroger sur la nécessité d’une marche blanche. Pour sa part, la dernière chose dont elle avait besoin, c’était bien de se faire rappeler le 7 Juillet 2006. Pourtant, elle n’avait perdu personne ce jour-là ; mais elle avait dû abandonner quelque chose de très chef à ses yeux : son indépendance. Le 7 Juillet ne rimait pas seulement avec deuil à son oreille : il rimait aussi avec raid, descente, enfermement et reconditionnement et ça la hérissait de voir que West Unity paradait au milieu de la foule, toujours présent, même dix ans après les évènements. Elle se racla la gorge, troublée.

La marche s’amorça avec une lenteur déconcertante. Certains commencèrent à prendre la direction de Parker Chapel en suivant le parcours délimité par le cordon de sécurité ; d’autres lancèrent des regards peu éclairés autour d’eux, comme s’ils avaient eu besoin d’un signal un peu plus explicite que la conclusion du discours de Stuart Penderghast pour se mettre enfin en route. Qu’attendaient-ils de plus ? Dépitée, Michelle constata bien rapidement que la foule ne progressait pas assez rapidement, si bien qu’elle ne mit pas plus d’une minute à repérer une silhouette de petite taille s’avancer avec détermination à contresens pour rejoindre l’estrade. Shay fronça les sourcils en remarquant l’inscription sur son t-shirt et porta son talkie-walkie devant ses lèvres. Elle hésita une brève seconde, et celle-ci fût suffisante pour que Sean Cutler la devance. « Que quelqu’un chope l’emmerdeuse. » l’entendit-elle râler de sa voix traînante avant qu’elle n’ait pu partager ses inquiétudes avec le reste de l’équipe. Michelle scanna les alentours, puis, certaine d’être la plus proche de l’emmerdeuse en question, pressa le bouton pour répondre sur le canal : « J’m’en occupe. Faudrait pas qu’elle t’étale. » Un sourire goguenard aux lèvres, Shay raccrocha l’appareil à sa ceinture et s’élança dans le chemin que la jeune femme, manifestement scandalisée, avait ouvert dans la foule.

Il ne lui fallut que quelques secondes pour la rejoindre. « HEY, TOI ! » l’interpela-t-elle en haussant la voix pour se faire entendre. Elle n’eût pas besoin de l’arrêter : repousser par le flux de marcheurs, la jeune femme perdit l’équilibre et plongea tête la première vers le sol. Michelle pressa le pas pour la rejoindre et tendit les bras devant elle : « Regarde où tu marches, bon sang. » râla-t-elle en repoussant un adolescent prêt à piétiner la malheureuse. Elle s’agenouilla à côté d'elle et lui tendit une main pour « l’aider » à se relever. Quand elle fît mine de se redresser, Michelle raffermit sa prise pour la garder à sa hauteur : « M’oblige pas à te faire mal. » l’avertit-elle, d’une voix tellement assurée qu’il aurait été inconscient d’ignorer l’avertissement. « On va se lever dans une seconde, et tu vas me suivre gentiment sur le côté. Je sais, c’est emmerdant. Mais ils ne sont pas là pour ça. » Elle désigna la foule endeuillée autour d’elle d’un geste de sa main libre, lançant une œillade au sigle JUSTICE4NOAH peint sur son t-shirt. « Compris ? »


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MessageSujet: Re: The White Walkers   Mer 5 Oct - 22:59

Daniela hésita un instant en voyant la foule déjà attroupée dans le centre ville, devant un podium où était perchés les beaux messieurs et les belles dames de la ville, venus faire leurs discours usuels. Non pas qu'elle ne soit pas, comme tout le monde sans doute, profondément choquée et attristée de ce qui était arrivé à ce pauvre garçon. C'était cruel, injuste, contraire à toutes ses valeurs et toutes celles que son Eglise était sensée prôner. Cette Eglise, pleine d'hypocrisie, de jugement. Qui la faisait presque, dans ses plus faibles instants, douter de sa foi. L'americano-colombienne se signa rapidement, non seulement pour expier cette pensée perturbante, mais pour honorer Noah Miller. Et tous les autres. Un pincement au coeur lui vint, quand elle entendit la litanie de noms, lue avec une monotonie et une platitude qui lui semblait bien plus irrespectueuse que les manifestants avec leurs T-shirts estampillés « Justice4Noah. » Elle s'en serait bien fait aussi, réflexion faite. Mais cela ne lui semblait pas forcément être le lieu pour une revendication politique. L'heure était au recueillement, au respect des morts comme des vivants, à la prière. Au silence, pourquoi pas. Ceci étant, un chant aurait été le bienvenu. La musique crée l'union, donne de la force à l'âme et réchauffe le coeur. Chanter ensemble, c'est se soutenir, presque physiquement, corporellement. C'est s'écouter pleinement. Dani échangea un regard avec Liliana, qui sentait comme elle l'étrangeté de cette scène. Sa jeune soeur avait même plus du recul, plus d'intelligence sociale pour comprendre les tenants et les aboutissants de l'événement. Carolina quant à elle était plus dans l'acception, le rituel. Elles venaient tous les ans. C'était ce qu'il fallait faire. C'était bien. Même si elles n'étaient pas forcément d'accord avec la politique de la ville - à des degrés bien différents, Lina n'avait jamais eu l'audace de contester ou de s'adonner à un acte de résistance pacifique - elles venaient partager cet instant solennel avec leurs concitoyens.

La bricoleuse ne s'en sentait pas moins mal à l'aise. Oui, c'était un moment important. Oui, il fallait l'honorer. Mais cela sonnait encore et toujours plus faux. Idris Hanlon était un vieillard déconnecté de la réalité et Herman-Johnson avait beau être un de ses meilleurs clients, elle le trouvait relativement angoissant. Ce regard toujours calculateur, cette voix trop parfaite, cette maîtrise froide et irréprochable de lui-même. Les gens trop propres sur eux n'inspiraient pas confiance à la petite file des Hills. C'était suspect. Comme un meuble brillant et clinquant est sans doute en toc, les gens trop reluisants ne faisaient que couvrir de vernis leurs pires facettes. Et ces gens là brillaient de milles feux. Et le spectre de l'agression de Noah semblait flotter dans l'air, identifiée mais jamais nommée, tressaillant dans la brise. Quelqu'un allait-il ne serait que l'évoquer? Une certaine indignation s'empara de Daniela, dont les yeux étincelants parcouraient la foule. Quelqu'un dirait quelque chose. Quelqu'un prendrait la parole. Elle hésita. Serait-ce à elle de le faire? Ce n'était pas son rôle, elle ne connaissait pas ce pauvre enfant, sa famille. Cette dernière avait peut-être souhaité rester discrète d'ailleurs. Qu'en savait-elle? La présence de Lili à ses côtés rationalisait étrangement sa petite cervelle surexcitée ou bien était-ce ses angoisses.

Dani n'en capta pas moins du coin de l'oeil une tentative d'échappée belle, soldée par une chute assez spectaculaire et coïncidant malheureusement avec le début du mouvement de foule. Un cri se coinça dans sa gorge et elle tenta de s'élancer, sous le regard surpris de Carolina et celui, blasé, de Liliana. Il fallait qu'elle aille se fourrer dans une embrouille. Néanmoins, ses soeurs n'essayèrent pas de la suivre, bientôt emportées ailleurs par la masse lente mais déterminée qui se déplaçait, pareille à un gros chat endormi trop longtemps. Elle dû jouer des coudes pour arriver à hauteur de la petite figure, déjà encadrée par une demoiselle qui n'avait pas l'air très commode. Désormais loin de l'aura de raison de sa soeur, elle ne réfléchit guère avant d'interpeller ce duo plutôt étrange. « Tout va bien par ici? » Ses yeux trouvèrent naturellement ceux de la jeune femme au T-shirt fort distinctif. Elle observa furtivement la prise de main solide et la petite masse sombre à la ceinture de l'autre fille, mais décida stupidement de l'ignorer. « Tu la connais? » demanda-t-elle donc à l'agitatrice désignée d'office. Il lui semblait qu'il y avait dans cette dynamique un rapport quelque peu injuste et inégal et ce n'était pas franchement le genre de choses qu'elle pouvait laisser couler. Pour quelqu'un qui était venu dans une optique de discrétion et de respect pour la manifestation pacifiste, il était ironique qu'elle soit tombée sur une potentielle scène de violence policière. Et personne dans les parages ne semblait apte à lui prêter main forte pour au moins détendre un peu l'atmosphère ou éloigner ces deux là du cortège, qui coulait pour l'instant autour d'elle mais risquait de les encercler et les piétiner si elles restaient trop longtemps statiques. « Quoiqu'il en soit, on devrait peut-être parler en marchant hein, sinon je risque de faire une attaque de claustrophobie moi, ça devient confiné par ici. » Un peu plus et Daniela se lançait dans un des monologues nerveux dont elle avait le secret. Que quelqu'un l'arrête.
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MessageSujet: Re: The White Walkers   Dim 16 Oct - 22:06

Il ne s’attendait pas à des applaudissements, à dire vrai, Jake ne s’attendait absolument de la part de ces gens qu’il méprisait … légèrement. Rien de personnel vraiment, mais quand on avait des épaules aussi larges que les siennes et qu’on vivait de la même manière que lui, on était très rarement entouré d’amis et on le vivait très bien. Ce qui était le cas de Jake qui vivait exactement pour ce genre d’occasions. Qui n’attendait qu’une seule chose dans le fond, que quelqu’un mette le feu au poudre pour le conforter dans son idée que cette petite commémoration était une grossière erreur. Il y avait besoin d’un rien, juste assez pour créer de l’agitation et pour donner encore plus de pouvoir au Désaccord et de façon plus directe, à lui. La peine des gens ne signifiait absolument rien pour lui et si son instinct ne lui dictait pas de ne pas sourire, il l’aurait probablement fait. Il crut même entendre une plainte de protestation alors qu’il descendait de l’estrade ou alors c’était vraiment son imagination, quoi qu’il en soit, ce n’était qu’une question de minutes. Quelques minutes avant que la masse des habitants commence à avancer comme une horloge très calibrée. Tout comme.

Jake lui se contenta de chausser ses lunettes de soleil sur son visage, de jeter un regard agacé à une jeune femme qui venait de le bousculer, vraiment, et il joua des coudes pour se rapprocher de Billie. Il aurait dû avoir des mots réconfortants pour elle, après tout, elle avait plus perdu que lui il y a dix ans de cela, mais absolument rien ne lui venait. Le brun s’était déjà creusé la tête sur le chemin en se demandant ce qu’il pouvait bien dire… sans paraitre hypocrite ou pleinement intéressé. Deux choses que Jake était, et au centuple, et le nier ou faire semblant aurait été plus insultant qu’autre chose. C’était la seule conclusion qu'il avait trouvé, autant être lui-même, une fois qu’il n’était plus devant le micro, ça ne servait à rien de faire semblant. Et ce, même si, lorsqu’il arriva près de la rouquine, il y avait du monde de tous les côtés, Jake se moquait bien de l’opinion de ces gens-là. « Pas de discours ? J’avoue que je suis légèrement déçu mais au moins ça nous permet de mettre fin à cette charmante mascarade le plus rapidement possible… pas vrai ? » lança Jake, mi-joueur et mi-sincère. Il s’attendait vraiment à voir Billie monter sur scène après lui mais visiblement il s’était trompé, peut-être que dans le fond c’était elle la plus sincère des deux et que se faire discret à ce genre de manifestations était le mieux. Jake ne savait pas vraiment ce que la discrétion était, c’était un concept qui lui échappait à chaque fois qu’il voyait son propre reflet dans le miroir. Et puis, il se disait qu’il fallait bien quelqu’un pour rendre cette atmosphère légère.

Cette marche blanche avait des allures de marche funèbre plus il y pensait, tout ce qui manquait c’était un corps. Ou alors c’était Jake qui encore une fois était beaucoup trop pessimiste. Ou réaliste se dit-il en voyant un des nombreux bénévoles du Désaccord jouer bousculer quelqu'un pour pouvoir arriver à sa hauteur. Se rappelait-il du nom du jeune homme à côté de lui ? Non, du tout, mais Jake avait assez de jugeote pour reconnaitre un de ses propres alliés comme il aimait bien les appeler.« Hmm… je crois qu'il se passe quelque chose là, on a … comme qui dirait quelques agitateurs ou plutôt une agitatrice. »  Le jeune garçon, jeune était d'ailleurs un adjectif qui qualifiait beaucoup de membres du Désaccord, fit un signe de tête vers la fin de la marche où se trouvait la présumée agitatrice. Comme quoi, la présence des bénévoles en plus des membres de la police n’était pas une si mauvaise que ça. Et puis, Jake n’avait absolument aucune foi dans la police locale, pour une bonne et simple raison, là-bas il n’y avait aucune autorité et l’idée de passer la nuit au poste ne l’enchantait guère. Pas que Jake ait quoi que ce soit à cacher… loin de là. « … Et ? Est-ce qu’il faut que je fasse tout moi-même ? » répliqua Jake à l’intéressé, lui jetant un regard lourd de sous entendus par dessus ses lunettes de soleil. Sa question eut l’effet désiré vu que Jake eut le droit à un hochement de tête avant que le bénévole ne s’éloigne vers le lieu de l’agitation, emmenant de deux autres de ses collègues avec lui. « … C’est bien ce que je pensais. »
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MessageSujet: Re: The White Walkers   Mer 26 Oct - 22:56

Mason esquissa un sourire carnassier lorsque la première tentative de soulèvement fut réprimée par les sentinelles du Désaccord. Lui-même était encore trop jeune pour s'enrôler, mais la justice du Comité n'avait pour limite que sa propre loi. Postées à des endroits stratégiques, les différentes forces de l'ordre de la ville se fondaient dans la mélancolie ambiante. Mason avait entendu de source fiable que le Comité avait orchestré le déploiement des troupes avec autant d'application que les femmes de Parker Chapel organisaient les plans de table de leurs filles fiancées. On ne voulait pas mettre les deux oncles ivrognes ensemble mais pour le divertissement, on s'autorisait tout de même à asseoir à la même table le gendre et sa belle-mère imbuvable. Si le Désaccord était si excentré, tandis que les adjoints du shérif peuplaient les rangs devant l'estrade, ce n'était anodin que pour les habitants aveuglés par les larmes du deuil. Pour le reste, ceux qui savaient encore faire preuve de lucidité, c'était une preuve de plus de l'implacable opportunisme des autorités de la ville. Fils de fiers conservateurs, Mason avait lui aussi revêtu son t-shirt "Justice4Noah", sur les conseils avisés d'une camarade de Golden Oak. Et lorsque le vent de la rébellion souffla trop tôt sur le cortège, personne ne se dirigea impérieusement vers lui pour l'escorter au bout de la rue.

Ce fut lorsque l'écho des discours grandiloquents laissa place à l'inexorabilité du silence que la dictature du Comité céda un peu de son pouvoir. En tête de la marche, le maire paradait la mine grave aux côtés des élus du Comité. Derrière eux, les paroissiens les plus farouches de Parker Chapel les talonnaient avec un fouet invisible à la main. A ce même moment, une querelle insignifiante éclata entre une partisane de Noah et ses voisins qui, profitant de la confusion, l'avaient étalée au sol. Mason ne put contenir un rire sardonique que sa voisine réprima d'un regard désapprobateur. Ce n'était pas le moment de sortir de son rôle. Un signe de tête plus tard, Mason mimait une altercation avec un complice du Désaccord. Il n'en fallut pas plus pour alerter les rebelles déguisés aux alentours et créer un attroupement de badauds. Le cortège continuait lentement son avancée autour d'eux, bifurquant comme une armée de fourmis face à une flaque d'eau. "Si seulement Noah avait ses écouteurs, il aurait pu écouter toutes les conneries qu'on a déblatéré sur lui aujourd'hui." lança un des fauteurs de trouble. Les esprits avaient déjà commencé à s'échauffer qu'une voix étouffée de sanglots perça au loin : "Sale con, Noah vient de mourir !" La révélation frappa d'abord l'assemblée comme un éclair, avant que ne rugisse le tonnerre. Au centre de la rixe, Mason ne tarda pas à se prendre le coup qui symbolisa la fin de son acte. Le rideau tomba, et la violence éclata.

SUJET COMMUN TERMINÉ.
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