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 #1. [Bale's/Donovan's] And you gotta live with the bad blood now

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MessageSujet: #1. [Bale's/Donovan's] And you gotta live with the bad blood now   Dim 28 Aoû - 19:28

AND YOU GOTTA LIVE WITH THE BAD BLOOD NOW


« Où est le buffet ? » Michelle s’était levée tôt ce jour-là. Une initiative tout à fait louable quand on avait conscience de ses horaires complètement décalés ; mais vouée à l’échec quand on connaissait son penchant avéré pour la procrastination intensive devant l’effort ménager. Par souci de conscience, elle s’était fixée une date limite pour finir de mettre de l’ordre dans son appartement – a.k.a son nouveau bureau d’investigation. Elle y vivait depuis un peu plus de deux ans, n’avait jamais réellement terminé de vider ses cartons, et avait clairement sous-estimé l’ampleur de sa dernière priorité : créer un espace où elle pourrait recevoir sa clientèle. Elle y avait déjà perdue la sympathie de Madame Patterson, sa voisine de palier, la semaine précédente, quand une équipe d’ouvriers était venue installer sa nouvelle porte semi-vitrée portant le nom de son agence en lettres majuscules. Elle en était plutôt fière, de cette porte, d’ailleurs – malgré l’attention non désirée qu’elle lui valait de la part des gamins qui vivaient dans l’immeuble. Sa fierté mise à part, Michelle commençait néanmoins à regretter de ne pas avoir loué un bureau à Madison Grove comme le lui avait recommandé Seeley. Tu ne veux pas que tous les tordus du coin connaissent ton adresse, qu’il lui avait dit. Tu ne veux pas qu’on vienne te solliciter quand t’es sous la douche, qu’il lui avait dit. Butée, elle avait préféré se comporter comme une vieille bourgeoise de Long Island en planquant ses économies sous son matelas et tentait, depuis, de corriger ses défauts d’organisation qui, pourtant, la suivait depuis 1989. Pour justifier son choix « économique » elle se répétait continuellement – à elle et à quiconque l’interrogerait sur la question – que l’appartement était trop grand pour elle et Stan Lee, qu’il valait mieux faire une pierre deux coups. Ça, et qu’elle n’y passait pas beaucoup de temps, de toute manière.

Une gamine lui indiqua un coin de la salle avant de retourner à sa partie de chat perché. Victorieuse, Michelle la traversa en prenant soin de ne pas relever la tête, sans accorder la moindre attention à ce qui pouvait bien se raconter autour d’elle. De toute manière, c’était toujours le même programme : au début de l’été, leur gardien organisait une « soirée » dans l’optique de « rapprocher » ses locataires et accueillir plus chaleureusement les voisins ayant emménagé dans l’immeuble au cours de l’année. Shay se rappelait vaguement avoir reçu un coffret Yves Rocher, qui devait encore traîner dans son armoire de salle de bains, l’année où elle avait emménagé à Madison Grove. Depuis, elle mettait un point d’honneur à ne plus s’attarder à cette petite sauterie annuelle. À vrai dire, elle se contentait généralement de descendre au rez-de-chaussée pour se composer discrètement une assiette, et de remonter à l’étage - un bel échec pour l'intention initiale de la réception. Mais elle n'aimait pas se mêler à des inconnus, et n'avait aucune intention de faire connaissance - quand bien même l'un d'entre eux pourrait réceptionner un colis pour elle un jour ou l'autre.

Inutile de dire que son programme à elle aussi serait le même. Elle ne voyait d’ailleurs aucune raison de briser une habitude qui convenait à tout le monde – plus spécifiquement, à elle. Michelle avait rempli la moitié de son assiette et s’apprêtait à battre en retraite quand la Raison la frappa en pleine face : Reagan Bale. « Putain » jura-t-elle en l’apercevant au milieu des convives. Le « gros mot » ricocha dans la bouche des enfants qui se trouvaient à proximité, comme un téléphone arabe un peu vulgaire. Sans y prêter attention, elle rentra la tête dans les épaules et pivota sur elle-même en priant pour ne pas avoir été repérée. La dernière chose qu’elle voulait ce soir – comme tous les jours depuis que Reagan avait emménagé – c’était d’avoir une conversation avec la nouvelle voisine. Reposant son assiette sans avoir touché à son contenu, Michelle se fraya un chemin vers la sortie en ayant l’impression désagréable d’avoir une cible sur le dos.

Il ne lui avait fallu que quelques minutes pour se faufiler jusqu’au toit. En théorie, on n’avait plus le droit d’y monter depuis que « quelqu’un » avait déposé une lettre d’information dans les boîtes du rez-de-chaussée indiquant que le toit était hors limite. L’avantage, aujourd’hui, c’est qu’il n’y avait plus personne pour venir l’ennuyer quand elle s’isolait là-haut. Assise en tailleur sur le muret en pierre, insensible au vide qui s’étendait devant elle, elle se raidit légèrement en entendant la porte grincer derrière elle. Reagan, évidemment. « Tu sèches ta propre soirée de bienvenue ? Belle éducation. » Michelle lui tourna à nouveau le dos, lui signifiant clairement qu’elle n’était pas la bienvenue ici.



Dernière édition par Michelle Donovan le Mer 30 Nov - 16:48, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: #1. [Bale's/Donovan's] And you gotta live with the bad blood now   Sam 10 Sep - 11:19

Reagan n'avait strictement aucune envie de rester là où elle se trouvait pour le reste de la soirée. Elle n'était pas de nature asociale – du moins, pas complètement – cependant, elle aurait préféré, et de loin, passer une soirée en tête-à-tête avec son roman à la couverture déchiquetée par Lennon ainsi qu'un bon verre de vin bien choisi, plutôt que de se forcer à sourire à des visages inconnus – ou disons plutôt, des visages qu'elle ne prenait pas nécessairement la peine de retenir – qui ne cessaient de marquer une pose à l'énonciation de son patronyme en faisant mine de réfléchir. Puis, en lançant chacun cette même question inconfortable : «  Bale … Bale … Tu ne connaîtrais pas ce charmant couple de Roosevelt Gardens ? Le père était l'ancien révérend de la ville. » Évidemment, toute personne ayant un jour vécu à Rosecliff connaissait les Bale : que ce soit le père, ancien révérend et membre important de la communauté en tant que directeur adjoint à West Unity, ou bien la mère, femme d'apparence fragile mais étonnamment vivace et engagée dans les diverses actions de charités … Ou même le fils aîné, adjoint au bureau du shérif. Tout le monde connaissait les Bale … Mais est-ce que tout le monde se souvenait d'elle ? Pas ceux-là visiblement, ils n'étaient pas encore là, dix ans plus tôt.
Elle aurait presque aimé mentir, elle était si douée à cela. Néanmoins, la ville était bien trop petite pour que pareille mascarade ne dure bien longtemps. Tant et si bien qu'elle inclina la tête avec élégance en signe d'approbation et répondit : «  Oui bien entendu... » Je suis leur fille. Les derniers mots restèrent coincés dans sa gorge. Cela faisait bien longtemps qu'elle n'avait pas prononcé ces mots, pour la simple et bonne raison que cela faisait longtemps qu'elle n'avait plus de parents dans sa vie.
« Putain, putain, putain … » Des gamins jouaient à chat en criant ces mots et la voisine qui la tenait jusqu'ici d'une main de fer – une certaine Patterson – fut distraite suffisamment longtemps pour que Reagan puisse s'éclipser vers le hall d'entrée. Elle ne se retourna pas lorsqu'elle entendit «  Mais où est cette petite ? » et monta les escaliers quatre à quatre, si longtemps qu'elle finit par arriver au toit. Elle hésita une seconde, avant de se dire que ce serait le spot parfait pour une petite cigarette et au moins ici, personne ne viendrait la déranger.
Dès qu'elle eut franchi le pas de la porte, elle sut que c'était une putain d'erreur de merde. Michelle était là, assise en tailleur, à faire … Dieu seul le savait. Une grimace involontaire déforma les jolis traits de la demoiselle, qui aurait aimé repartir discrètement à reculons … Trop tard cela dit, les rétines océanes de la jeune Donovan s'étaient posées sur elle. Reagan était parvenue à l'éviter pendant des mois et voilà que cette légère étourderie l'amenait là, en sa compagnie. Maudite Patterson.
« Tu sèches ta propre soirée de bienvenue ? Belle éducation. »
Son ancienne amie se détourna d'elle et malgré la situation, Reagan ne parvint pas à réprimer un rire jaune.
« Merci, va dire ça à ma mère, elle serait probablement d'accord avec toi. »
Elle sortit un paquet de vogue de sa poche ainsi qu'un briquet et s'en alluma une sans pour autant s'approcher de Michelle. Ses jambes s'étaient transformées en plombs et elle doutait de pouvoir effectuer le moindre mouvement. Le passé qui pesait entre elle avait un de ces effets …
Pendant plusieurs minutes elles ne dirent rien. Reagan ne se sentait pas de briser le silence, en réalité, elle n'aurait su quoi lui dire. Cela faisait tellement longtemps …
« Jolie porte en fait, » s'entendit-elle dire.
Allez, ce n'est pas comme si elles n'avaient eu des conversations si peu profonde.
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MessageSujet: Re: #1. [Bale's/Donovan's] And you gotta live with the bad blood now   Lun 17 Oct - 1:08

Michelle habitait au dernier étage. Concrètement, il lui aurait suffi d’abandonner son perchoir et de descendre une volée de marches sur l’escalier d’évacuation pour couper court à la conversation et retrouver le calme solitaire de son duplex. Elle n’aurait même pas eu besoin de repasser devant Reagan, et les deux jeunes femmes seraient retournées à leur routine bien huilée consistant à tourner les talons dès que l’autre se trouvait dans les parages. Loin de se demander si elles n’étaient pas trop vieilles pour ce genre d’attitudes, Michelle était surtout trop fière pour s’exécuter : à juste titre, selon elle, elle estimait que ce n’était pas à elle de prendre ses clics ou ses clacs dans cette affaire.

« Il y a une première fois à tout. » renchérit-elle à mi-voix quand Reagan mentionna sa mère. Michelle avait rarement mis les pieds chez Reagan quand elles étaient plus jeunes – toujours à contrecœur – et s’il y avait bien une chose qu’elle avait retenue des parents de son ex-amie, c’était bien leur don indéniable pour indisposer quiconque ne s’appellerait pas Bale. Michelle s’était souvent demandé, par la suite, si l’accueil glacial auquel elle avait eu le droit chez les Bale avait été standard – s’ils traitaient tous leurs invités de cette manière – ou si elle avait reçu un traitement particulier pour avoir eu le malheur d’être la fille d’un escroc local. On ne le lui avait jamais dit en face, mais Michelle pouvait facilement imaginer Mrs. Bale la qualifier de « mauvaise graine » dans son dos, et réprouver férocement son amitié avec Reagan. Michelle baissa les yeux sur ses paumes ouvertes, brusquement refroidie par ces mauvais souvenirs. Elle n’avait pas besoin de mentionner Mr. Bale : ça n’aurait pas aidé leurs rapports. Mais Shay se rappelait très bien de lui également. Elle avait eu tout le temps d’apprendre à le connaître, lui et ses méthodes d’éducation, quand elle était à West Unity, et lui, nommé directeur-adjoint.

« Est-ce qu’on peut se faire une faveur, l’une à l’autre : éviter de parler pour rien dire ? » lâcha-t-elle, un peu plus abruptement qu’elle ne l’aurait souhaité. Elle n’avait aucune envie de débattre sur la nouvelle porte de son appartement : ni de la typographie qu’elle aurait pu choisir pour présenter le nom de son agence, encore moins des inconvénients qu’une vitre pourraient présenter le jour où elle mécontenterait un client qui se défoulerait alors sur sa « jolie porte ». Michelle pivota lentement sur elle-même, retrouva le sol avec regret, et croisa les bras sur sa poitrine. Il était encore temps de battre en retraite, mais elle n’en avait plus envie. Elle était en colère. « T’as rien de mieux à me dire ? Genre… Je sais pas moi, quand est-ce que t'es rentrée ? Pourquoi t’as jamais appelé ? T’as vraiment rien à me dire, Rea ? » Son ton avait monté d’un cran sur la dernière phrase. Ses sourcils se froncèrent, et elle planta ses ongles dans ses paumes : « Dis quelque chose d’intéressant, ou barre-toi. C’est ce que tu fais de mieux. »
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MessageSujet: Re: #1. [Bale's/Donovan's] And you gotta live with the bad blood now   Jeu 10 Nov - 17:23


Reagan n’était pas une personne particulièrement expressive – du moins pas en apparence et encore moins devant qui que ce soit. Depuis toujours, et ce à force de pratique, elle parvenait à endiguer le moindre flot d’émotions qui pouvait la traverser et à le refouler au plus profond d’elle-même, tant et si bien que rien ne transparaissait jamais sur son visage si ce n’est une impassibilité un peu froide, mais nécessaire à son propre équilibre. C’est ainsi qu’en regardant Michelle, elle parvenait à se protéger du sentiment de culpabilité et de regret qui aurait dû la submerger. Elle savait que la rancune était bien présente dans l’atmosphère, néanmoins elle ne permettait pas de se laisser atteindre. Quitter Rosecliff une dizaine d’années plus tôt en laissant son amie, et toute sa vie derrière elle, était le premier geste égoïste qu’elle avait eu. Le premier d’une longue série. Un égoïsme devenu tout bonnement réflexe avec les années et qui avait assuré ses propres arrières.

« Est-ce qu’on peut se faire une faveur, l’une à l’autre : éviter de parler pour rien dire ? » lâcha-t-elle après la minable tentative de Reagan de rester casual. Le contraire l’aurait surprise en réalité : Michelle n’était pas une de ces filles dont l’attention pouvait aisément être détournée. Et elle était bien trop franche pour garder sa langue dans sa poche et prétendre. Elle avait toujours apprécié cela chez son ancienne amie, n’ayant jamais réellement pu être elle-même au sein de son propre foyer. Cela laissait des traces. « Qu’est-ce que tu veux que je te dise ? » Elle haussa les épaules, désinvolte et porta sa cigarette à ses lèvres sans rien ajouter. Bien entendu, elle savait très bien que cette attitude ne pouvait être acceptable aux yeux de la Donovan : une part d’elle-même en était même révulsée et la suppliait de baisser cette barrière hideuse qu’elle dressait autour d’elle, d’abaisser le tout et de demander pardon. Mais elle ne pouvait tout simplement pas. En quittant Rosecliff, c’était sa vie qu’elle avait sauvé, son mental. Elle n’allait pas en être désolée.

« T’as rien de mieux à me dire ? Genre… Je sais pas moi, quand est-ce que t'es rentrée ? Pourquoi t’as jamais appelé ? T’as vraiment rien à me dire, Rea ? Dis quelque chose d’intéressant, ou barre-toi. C’est ce que tu fais de mieux. » Reagan serra les dents, fixant un point devant elle. Elle était tentée de se barrer, comme elle disait, réellement. Elle était tentée de redescendre ces escaliers et faire comme si elle ne les avait jamais monté, comme si elle n’avait pas croisé Michelle ici-même et reprendre la routine si banale qu’elle avait si difficilement réussi à mettre en place, en échappant à la peur d’être un jour retrouvée : par Sean, par la police, par n’importe qui. Comment te dire Michelle … Je suis recherchée, tu es détective privé … « Je suis rentrée à Rosecliff il y a quelques mois. » répondit-elle finalement. Elle tourna ses pupilles océanes vers elle et poursuivit : «  Si je t’avais appelé, m’aurais-tu même répondu ? Après ça ? » Elle se revoyait toute ces fois, composant le numéro de Michelle sur un téléphone portable jetable. Pour finalement ne jamais aller jusqu’au bout de son geste, imaginant le reproche et les questions qu’elle aurait à entendre au bout du fil. Elle avait besoin d’être seule en ce temps-là, elle avait besoin de se détacher de tout ce qui pouvait lui rappeler sa ville natale. Avec le temps, elle avait simplement fini par s’y faire et ne plus y penser.
« Si c’est des excuses que tu attends, tu n’en auras pas. » ajouta-t-elle finalement. « Tu sais mieux que quiconque comment c’était chez moi. Et comment c’est devenu après le festival. Je n’ai pas pu attendre, j’ai tout laissé derrière moi et je suis partie à Chicago. Tu peux m’en vouloir, vraiment. Mais tu aurais fait pareil. »

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MessageSujet: Re: #1. [Bale's/Donovan's] And you gotta live with the bad blood now   Ven 9 Déc - 0:41

Elles l’avaient évitée assez longtemps, cette conversation. D’une certaine manière, c’était thérapeutique d’enfin l’avoir avec Reagan. Combien de fois avait-elle imaginé ce qu’elles pourraient se dire si, un jour, elles avaient la chance de se revoir ? Trop souvent, c’était sans doute le nœud du problème. Après toutes ces années, les élucubrations de son imagination d’adolescente avaient laissé place à une rancune démesurée qui – depuis l’emménagement de Reagan à Madison Grove – n’avait cessé de flirter avec des démons irrationnels. Mais qu’y pouvait-elle ? Reagan avait tiré – et cassé – la mauvaise corde : Shay n’avait jamais supporté d’être laissée en arrière. Si tôt après avoir été séparée de son père, comment aurait-elle dû réagir en apprenant que sa meilleure amie – celle qui, des mois durant, l’avait bercée d’horizons un peu plus beaux – avait quitté la ville, l’abandonnant confinée aux murs de West Unity ? Reagan pouvait se défendre comme elle le souhaitait, arguer qu’elle y avait sauvé sa santé mentale : c’était sans doute vrai. En revanche, en prenant la poudre d’escampette, elle avait mis celle de Michelle en péril, et même après toutes ces années, la pilule était encore difficile à avaler.

« Aucune idée. » répondit-elle avec une sincérité inhabituelle, quand Reagan lui demanda si elle lui aurait répondu – aurait-elle téléphoné après son départ de Rosecliff. « Mais je crois que j’aurai apprécié l’effort. » réfléchit-elle à voix haute, les sourcils froncés. À présent, elle pouvait très bien imaginer la voix de Reagan s’élever du combiné de son ancienne chambre étudiante. Elle aurait sans doute été trop surprise pour raccrocher. Elle n’avait jamais été une grande fan, des surprises, alors elle aurait assurément déversé sa mauvaise humeur sur la jeune femme – un peu comme elle venait de le faire – avant de s’enquérir de sa situation. C’était un tableau qui lui plaisait, en tout cas, mais : « On le saura jamais. » Elle haussa une épaule désinvolte, comme si ça n'avait pas eu d'importance.

Alors, que voulait-elle entendre ? Des excuses – même à demi-mots – auraient représenté une belle victoire à ses yeux. Michelle ouvrit la bouche dans la ferme intention d’obtenir ne serait-ce qu’une minuscule démonstration de contrition de la part de Reagan ; mais elle la referma soudainement. C’était peut-être ce qu’elle voulait entendre ; mais ça n’avait jamais été ce dont elle avait besoin. Elle pouvait très bien vivre avec un orgueil froissé. « Laisse tomber, les excuses. » lâcha-t-elle, et contre toute attente, pour la première fois depuis que Reagan l’avait rejoint sur le toit de l’immeuble, sa voix sembla dénuée d’agressivité. Michelle croisa les bras sur sa poitrine, acculée au parapet, et déporta son regard sur le côté. « Le plus dur, c’était pas West Unity, Rea… » Ses lèvres roulèrent l’une contre l’autre, et elle songe au verre dont elle aurait bien besoin pour accompagner ses confidences. West Unity avait été son enfer personnel pendant plusieurs mois ; mais ça n’avait pas été grand-chose à côté de l’indifférence de la famille Bale à son désarroi. « … Tes parents, ton frère, ils n’ont jamais rien voulu me dire. Je ne sais même pas s’ils en avaient grand-chose à faire, pour être honnête. » Ils l’avaient profondément dégoutée à poursuivre leurs petites routines quotidiennes, comme si de rien n’était. Leur fille avait quitté la ville, et ils n’avaient pas levé le petit doigt pour savoir où elle s’en était allée. Le Bureau du Shérif n’avait pas été contacté, et des histoires avaient été inventées pour expliquer l’absence de Reagan chez eux. « Tu savais où j’étais. Mais toi, t’aurais pu être au fond d’un ravin, j’en aurai jamais rien su. » exposa-t-elle en reportant finalement son regard clair sur Reagan, et un grain de reproche réapparu dans son intonation. « Tu pensais peut-être pouvoir disparaître du jour au lendemain sans que personne ne s’inquiète pour toi ? C’est débile. » Elle gloussa nerveusement.

Il y eut un moment de flottement. Pendant une longue minute, seul le bruit de la circulation une dizaine de mètres plus bas vînt troubler le silence qui s’était installé entre elles. « J’ai besoin d’un verre. » annonça-t-elle, soudainement. « Dis-moi que tu as quelque chose de fort chez toi. » Elle se fendit d’un mince sourire. Elle haussa un sourcil interrogateur, comme une invitation au cessez-le-feu relativement subtil. Elle se rapprocha, tandis que Reagan terminait sa cigarette. « Juste… » l’arrêta-t-elle, en posant sa main sur son épaule. « Tu vas rester ? »

_________________________
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darling, darling, doesn't have a problem. Lying to herself, 'cause her liquor's top shelf. It's alarming honestly how charming she can be, fooling everyone, telling them she's having fun. •• carmen (lana del rey)

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