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 #2 [West Unity] Russian Roulette

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MessageSujet: #2 [West Unity] Russian Roulette   Dim 1 Jan - 20:25

Michelle se rangea sur le côté d’un coup de volant inappliqué. Pendant un bref moment, elle resta immobile, la main gauche à neuf heures sur le volant, la main droite sur le levier de vitesses, assise dans son siège à écouter le silence qui comblait l’habitacle de sa voiture, envisageant très sérieusement de faire demi-tour sans attendre – tout ça, sous l’œil vigilant des officiers qui gardaient le portail de West Unity. Tout aussi brièvement, elle regretta l’autoradio de son père, volé des années auparavant, avant même qu’elle ne rentre à Rosecliff et ne renonce à le faire remplacer au vu du contexte local. Si la bouche béante qui s’ouvrait au-dessus des réglages de la climatisation avait encore été occupée, elle aurait pu au moins retarder le moment fatidique où elle aurait à franchir les portes de son Enfer personnel – en écoutant les dernières informations, par exemple. Peut-être même aurait-elle intercepté un nouveau cyberflash de l’Écho. Comme beaucoup d’autres, Michelle avait capté le premier message du pirate informatique de Rosecliff, et avait commencé à nourrir une curiosité grandissante à son égard. Qui était-il ? La vérité, elle avait été forcée de le reconnaître, c’était que ce type – ou cette nana, pour ce qu’elle en savait – pouvait se cacher n’importe où : derrière le sourire du livreur de bouteilles de lait, comme derrière les uniformes de la ville. L’Écho n’avait malheureusement (pour elle) laissé aucun indice. Pour ça, Shay lui tirait discrètement son chapeau. Elle n’avait désormais qu’une seule hâte : en apprendre davantage. Commère sur les bords, Michelle s’était régalée des informations divulguées dans le premier cyberflash et n’attendait plus que de voir comment X et Y tâcheraient de se justifier devant les accusations de l’Écho.

À peine apaisée par le cheminement de ses pensées, la jeune femme poussa un soupir, et sans grande conviction, coupa enfin le moteur dans un cliquètement de clés. À sa plus grande exaspération, le silence lui parût plus oppressant encore. Elle en convint plus tard, ce n’était pas sa voiture qui lui inspirait ce sentiment d’exiguïté, c’était l’endroit. Shay se pencha sur le siège passager pour réunir les clichés qu’elle avait pris au cours de sa dernière filature. Après y avoir accordé un dernier coup d’œil – plus pour la forme que par réelle nécessité – elle fit glisser le tout dans une enveloppe kraft de format A4 qu’elle s’empressa de sceller. Puis, elle se contraignit à sortir de la voiture. Inconsciemment, elle rentra la tête dans les épaules. Depuis combien de temps n’était-elle pas revenue ici ? Des années. À vrai dire, depuis qu’elle avait réemménagé dans la région,  Michelle avait mis un soin particulier à ne pas s’aventurer dans les environs. Seuls les mystérieux caprices de Jake Herman-Johnson avaient réussi à mettre un terme à la résolution qu’elle était pourtant parvenue à tenir depuis ses dix-huit ans. Pliant – et dépliant – nerveusement les doigts, elle se posta près de l’interphone en feignant l’aise. Quand elle s’estima prête à affronter les murs du centre, elle pressa le bouton à côté de l’étiquette ‘LOGE’, entendit distinctement la tonalité d’appel et attendit qu’une voix ennuyée l’interroge sur l’objet de sa visite. « J’ai rendez-vous avec Jake. Avec Herman-Johnson, je veux dire. » s’annonça-t-elle en levant les yeux vers la petite caméra d’où, elle n’en doutait pas, l’équipe de sécurité l’observait avec attention. Un murmure indistinct s’échappa du haut-parleur, suivit d’un bruit de raclement de chaises. Elle s’imagina qu’on prévenait le concerné de son arrivée – ou bien que l’on vérifiait ses propos. Le deux, sans doute. Elle pianota sur le côté du panneau métallique glacé avec impatience. Plusieurs minutes s’écoulèrent, et elle était sur le point de rappuyer sur le bouton de l’interphone quand un buzz suivit d’un déclic sonore se fit entendre. Sans prendre la peine de remercier qui que ce soit, Shay tira sur la poignée de la porte réservée aux visiteurs piétons et s’engagea, mal gré, dans l’enceinte de West Unity.

Après l’avoir sommairement fouillée – une fouille qu’elle avait tolérée les mâchoires serrées – un gardien l’entraîna au travers d’un dédale de couloirs. Sans lui, elle s’y serait certainement perdue. Néanmoins, elle doutait que le service lui soit « offert » pour lui faire économiser du temps. C’était davantage une question de savoir où elle était et éviter qu’elle ne se ‘perde’ dans les pavillons résidentiels du bâtiment. Une dizaine de minutes plus tard, peut-être davantage, le gardien s’arrêta devant une porte et y cogna trois fois. « Monsieur. Votre visiteuse est là. » Peu désireuse de s’attarder dans le couloir, Michelle poussa le panneau de la porte et ne perdit pas de temps pour tendre la main à son dernier client. « Je ne comprends toujours pas pourquoi on se rencontre ici, » attaqua-t-elle de but en blanc. « Ton bureau, ou le mien, aurait fait l’affaire. » Elle coula un regard sur la salle, et renifla du nez. Sans manifester l’intention de vouloir s’attarder, elle plongea la main dans sa besace, interrompit son geste le temps de jeter un coup d’œil par-dessus son épaule : le gardien, évidemment, était encore là. Comme s’il s’était attendu à ce qu’elle se jette à la gorge du porte-parole officiel du Comité. « Un peu d’intimité, peut-être ? » souligna-t-elle, cherchant l’appui de Jake d’une œillade agacée.

« J’ai les photos. » annonça-t-elle finalement. « Mais je pense que tu t’es trompé sur le compte de ce type. La femme qui est avec lui, on ne dirait pas une maîtresse. Regarde par toi-même. » Elle lui tendit l’enveloppe kraft avant de croiser les bras sur sa poitrine, attendant son opinion et ses prochaines instructions s’il en avait. Plus vite ils en auraient terminé, plus vite elle pourrait quitter cet endroit de malheur.

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darling, darling, doesn't have a problem. Lying to herself, 'cause her liquor's top shelf. It's alarming honestly how charming she can be, fooling everyone, telling them she's having fun. •• carmen (lana del rey)

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