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 II. Contexte

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GODDAMN RIGHT || you should be scared of me

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Date d'arrivée : 07/03/2016
Statut : Dévoué à ses concitoyens
Occupation : Faire régner l'ordre et la morale
Quartier : Madison Grove
MessageSujet: II. Contexte   Sam 25 Juin - 12:29


Contexte

A melody I start but can't complete...

Merci de prendre connaissance du contexte avant votre inscription. Il vous permettra non seulement de vous renseigner sur le cadre et l’atmosphère du forum, mais pourra aussi faire germer quelques idées de personnages. Pour les plus pressés, la rubrique "I. En bref" (dupliquée sur la page d'accueil du forum) résume le contexte en quelques phrases. Il est cependant recommandé, dans un second temps, de lire le contexte en entier.


❝ I. EN BREF ❞

Tous les ans depuis 1997, les inconditionnels de musique se massent dans les Hills, quartier estimé de Rosecliff. D'une seule voix les rires et les hymnes s'entrelacent avec les riffs de guitare, sous le soleil bienfaisant de la Virginie. Mais pas cet été mémorable de 2006. Ce jour-là, le 7 juillet exactement, les cris horrifiés des spectateurs se mêlent avec effroi au fracas des planches qui s'effondrent. Le lendemain de l'incident, la seule mélodie qui résonne dans la ville est celle des sanglots des habitants éplorés. Une mesure exceptionnelle est prise : toute forme de musique est désormais interdite, et tout débordement sera sévèrement réprimé.
A Rosecliff, deux camps se déchirent désormais : ceux dont l'amertume a vite fait de blâmer la musique pour tous leurs maux, et les éternels nostalgiques, qui entendent bien élever la voix... Un jour. Et vous, quel camp rallierez-vous ?


❝ II. JAM SUMMER FESTIVAL ❞

7 JUILLET 2006 – THE HILLS, ROSECLIFF (VIRGINIE)
« Oh mon dieu ! Est-ce que… Reaver est tombé ! » L’adolescent écrase une main sur sa bouche, frappé d’effroi. Son copain dégaine aussitôt sa caméra. « Putain ! Putain ! » Comme chaque année, Rosecliff accueille le Jam Summer Festival, l’un des plus grands événements musicaux de Virginie. Comme chaque année, tout aurait dû rouler comme sur des roulettes. C’est ce qu’affirmera l’équipe de sécurité, deux heures après l’incident, quand la presse se jettera dans la mêlée à la recherche d’un coupable.

Comme chaque année, les foules s’agglutinent autour des bars à bières. On râle parce qu’il n’y a que de la Heineken. Une odeur de marijuana flotte discrètement dans l’air. On râle encore, parce qu’on ne voit pas très bien la scène. On acclame les musiciens locaux avec une véhémence proche de l’adoration. Puis, Reaver Sparrow se ramasse sur scène, et ça interpelle.

Il tombe d’un coup – sans préavis. Comme s’il avait été frappé par une foudre invisible. Appelez ça le coup du sort. Alors, on continue à acclamer. C’est marrant trente secondes, une minute, on attend qu’il se relève. Seulement – et jusqu’à preuve du contraire – on ne se relève par d’une overdose comme celle-là.

« Reaver ! Reaver ! Reaver ! » On scande, on réalise, on s’agite. On refuse d’y croire. Et soudainement, le cordon de sécurité cède. La scène s’écroule sous les poussées de l’audience. Les lumières s’écrasent, et le chaos s’anime...


❝ III. L'ARRÊTÉ ❞

22 JUILLET 2006 – PARVIS DE L'HÔTEL DE VILLE, ROSECLIFF (VIRGINIE)

C’était comme si la ville était déjà l'otage du silence. L’écho des flashs qui crépitent, voilà ce qui accompagna la descente des marches de Veronica Hershey, l’attachée de presse du maire de Rosecliff. Il faisait frais pour un matin d’été, sur les marches de l’hôtel de ville, et quelque chose lui disait que cela n’irait pas en s’arrangeant. Rejoignant le pupitre lui étant destiné, elle y posa les conclusions de la séance exceptionnelle qui venait de se tenir à l’intérieur, non sans ressentir le trac relatif aux grandes annonces. Et lorsqu’elle releva la tête pour confronter son auditoire, il redoubla d’intensité.

Pas de liesse ni d’excitation. La foule, au milieu de laquelle se côtoyaient officiels et officieux, était pourtant dense. Mais tout ce qu’on y voyait, c’était des mines déconfites, et la nécessité grandissante de chacun des spectateurs d’en savoir davantage sur les mesures décidées par le conseil municipal. La pression monta d’un cran pour Veronica. Son expérience de plus de 20 ans l’avait immunisée contre l’appétit insatiable des médias, cependant elle n’avait jamais eu à supporter le deuil de toute une communauté. Par mécanisme, elle se pencha sur les trois micros soudés à son pupitre, et en vérifia leur fonction en les tapotant avec la pulpe de ses doigts. Le crépitement se répandit comme une vague houleuse à travers les enceintes mises en place autour du capitole. Le frisson ressenti par la foule la frappa en contresens, et lui donna la force de se lancer dans son allocution ; il était inutile de les faire patienter davantage, ils ne le méritaient pas. Avec élégance, elle s’éclaircit la gorge, et l’expression de son visage se para du masque de professionnalisme qu’elle avait l’habitude de porter en ces circonstances :

« Chers concitoyens de Rosecliff, Mesdames et Messieurs les journalistes, je me joins au conseil municipal de notre ville pour vous remercier de votre participation massive à ce rassemblement. » Un sourire triste accentua les pattes d’oie aux coins de ses yeux « Nous vivons une période trouble. Nous savons tous que le deuil se fait en plusieurs stades. Sept en tout. Nous en sommes toujours à celui du choc. Et, parce que nos pertes sont encore récentes, nous avons l’impression que nous n’en sortirons plus jamais. »

Veronica avait tenu à introduire les décisions du conseil avec un discours qu’elle avait elle-même écrit. On l’accuserait sûrement de faire dans le sentimentalisme de bas étage, mais tout ce qu’elle faisait en vérité, c’était faire preuve d’humanité et de délicatesse à l’encontre de ces familles, de ces groupes d’amis, qui avaient perdu des êtres chers. Elle marqua une pause, et ses mains, qu’elle avait posées sur son pupitre, se levèrent légèrement pour appuyer les propos qu’elle s’apprêtait à prononcer, tandis qu’un flash fit scintiller l’éclat de compassion qui brillait dans son regard.

« Pour nous faciliter la tâche, et nous permettre d’envisager notre reconstruction de la façon la plus sereine qui soit, le conseil municipal de Rosecliff, avec l’appui et le soutien du Comté du Commonwealth, ont décidé de mesures qui prendront effet dès la fin de cette intervention. En voici les grandes lignes : »

Elle eut besoin de chausser les lunettes de vue qui pendouillaient à un cordon de perles qu’elle portait autour du cou, histoire d’avoir une vue plus nette des lignes s’étalant désormais sous ses yeux. Veronica avait une idée de l’impact qu’elles auraient, et du changement inaltérable qu’elles auraient sur la vie quotidienne des habitants de Rosecliff. En en prenant connaissance, elle ne s’était pas demandé si elle en acceptait leur sévérité, ou si elle en souffrirait. La neutralité, c’était la croix qu’elle devait porter, et ce fût en gardant cette notion à l’esprit qu’elle déclara :

« À compter de ce jour, l’arrêté municipal portant interdiction sur la diffusion de musique sur le ban communal de Rosecliff, et ce pour une durée indéterminée, est mis en application. » Le silence s’amplifia « Toutes manifestations escortées par l’émission de musique, tous commerces ou établissements relatifs à son apologie, toutes disciplines conduisant à son apprentissage ou à son exercice, seront sévèrement punis par les autorités de la ville. Pour rendre effective la décision du conseil municipal, un raid sera organisé dans un délai de 48 heures pour bannir tout dispositif permettant d’émettre ou de jouer de la musique. » Veronica releva les yeux de sa feuille, et retira ses lunettes, pour mieux fixer l’objectif de la caméra plantée en face d’elle « Nous manquons d’effectifs, c’est pourquoi, monsieur le maire et ses élus, vous encourage vivement à, bénévolement, vous présenter au bureau du shérif, où vous pourrez apporter votre aide aux hommes en charge des opérations. » Il faudra s’habituer à ce silence ; de minute en minute, il enflait, pendant que les journalistes restaient bouches bée devant la dimension angoissante des mesures prononcées, leur passant l’envie de poser la moindre question. État de grâce ou stupéfaction générale, Veronica n’attendit pas de le découvrir, et pliant les bords de sa feuille avec le plus grand soin, elle conclut d’une voix blanche « Une conférence de presse avec l’ensemble du conseil municipal sera organisée ultérieurement, vous pourrez y poser toutes vos questions. En attendant, je vous remercie encore une fois d’être venus. Prenez soin de vous. »


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