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 cat robertson → the best people in life are free

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+ i've never loved a darker blue than the darkness i've known in you

Messages : 992
Date d'arrivée : 07/07/2016
Âge : 26 ans
Statut : Célibataire
Occupation : Auteure, propriétaire du R&E's Bookshop, bénévole chez les Musiciens Anonymes
Quartier : Roosevelt Gardens

♪ Feuille de personnage ♪
Avatar & Copyright: Scarlett Johansson ©ssoveia
Comptes & Disponibilité: Cat S. Robertson + Daisy Byers - disponible
Relations:
MessageSujet: cat robertson → the best people in life are free   Sam 9 Juil - 23:59


Ecaterina ❝Cat❞ Sara Robertson

✤ ft. Scarlett Johansson © ssoveia ✤
Ecaterina Sara Robertson est née le 12 décembre 1990 à Cincinnati (Ohio - USA). Du haut de ses 26 ans, elle est auteure, propriétaire du R&E's Bookshop et bénévole chez les Musiciens Anonymes. Côté cœur, Cat est célibataire. Elle appartient au groupe Tongue Tied.
❝ the rumors are terrible and cruel But honey...
most of them are true.
butée ► observatrice ► peut se montrer moralisatrice dans ses mauvais jours ► noble ► anxieuse chronique ► indépendante ► agit parfois comme un robot & ne sort de ses gonds que quand on la met au pied du mur ► travailleuse ► a tendance à faire le contraire de ce que l’on attend d’elle ► indulgente avec les autres, très peu avec elle-même ► possède des goûts musicaux discutables ► loyale ► pitoyable menteuse (mais travaille activement là-dessus)

Story of my life Δ


27.02.15 - Hilton Columbus Downtown (Columbus)



Le Hilton de Columbus n’était pas qu’un lieu où les amoureux transis appréciaient de se retrouver pour partager un moment d’intimité. Sa salle de conférence accueillait régulièrement des colloques politiques et des conférences de presse. D’après les rumeurs, plusieurs célébrités s’y étaient même arrêtées lors de tournages dans la région, ou lors de grosses tournées promotionnelles. Dès, qu’après un briefing matinal dispensé dans les règles de l’art par leur attachée de presse survoltée, on l’y avait installée avec Tate Bartowski, son collaborateur, Cat s’y était sentie oppressée, comme si le poids des décisions prises entre ses murs alourdissait celui qu’elle portait déjà sur ses épaules.

Après près de deux ans de travail, le journal de Pawel Bartowski était enfin terminé ; il était sorti depuis moins d’une semaine. Son succès, timide au début, s’était transformé en un intérêt vivace et sincère lorsque Gabreel Robertson, le propre père d’Ecaterina, écrivain lui aussi, mais surtout mécène investi, avait rédigé un billet enthousiaste sur son blog littéraire, attirant ainsi la curiosité du public, et poussant la presse et les spécialistes du genre à prendre au sérieux ce nouveau, et inattendu, témoignage d’un survivant de la Shoah.

Reconnaissante envers le sacrifice personnel que Tate avait fait en lui accordant son inestimable confiance, Cat avait toutefois du mal à réaliser que son rêve s’était concrétisé : elle était publiée. Dans son agenda, elle ne cessait d’ajouter des entrevues – avec la presse écrite et télévisée. Elle s’y était préparée, à être happée par cette machine médiatique insatiable, et pourtant, la veille, son anxiété l’avait empêchée de fermer l’œil. Ce matin, ce serait les premières interviews auxquelles elle serait confrontée. Elle connaissait son sujet sur le bout des doigts, brûlait d’une passion dévorante pour la plume et le récit de Pawel, mais quelque chose au fond d’elle l’empêchait d’envisager la situation aussi sereinement que Tate. Elle était au courant des méfaits de la critique et des blessures engrangées par la médiatisation, et c’était pour cette raison qu’elle ne réussissait pas à se détendre.

Il y eut des rires timides, puis le silence suivit. Interrompu par la voix de Tate, assit à plusieurs mètres d’elle, cet intervalle fût de courte durée, mais il permit à Ecaterina de se détourner un instant des regards qui étaient posés sur elle depuis près d’une heure maintenant. Six individus étaient en face d’elle, alertes au moindre son qui sortait de sa bouche peinte en rouge carmin. Tate en avait autant à gérer, mais son charisme insolent donnait moins l’envie à ses correspondants de musarder autour de sujets plus personnels. Déjà, il semblait sur le point d’avoir terminé sa part du marché ; la stratégie de l’équipe du duo Bartowski/Robertson était, dans les premiers temps, de les séparer pour couvrir le plus de médias possibles.

Le journaliste du Morning Journal reprenait ses esprits, satisfait par la nouvelle réponse pleine d’âme que venait de lui livrer Cat – elle deviendrait rapidement la nouvelle coqueluche des jeunes reporters, renouant avec le statut de « petite chérie » qu’elle avait délaissé pour retomber dans l’anonymat. Les autres participants, tous membres des différents médias locaux d’Ohio, rassemblèrent des blisters poser sous leurs yeux auréolés de reflets violacés, ou bien s’inclinèrent au-dessus de la table de conférence, séparée en deux conciles, pour vérifier si leur dictaphone avait bien enregistré les longues minutes d’interviews qui s’étaient écoulées.

« Vous serez d’accord avec moi : je ne ferais pas bien mon travail si je ne vous pose pas cette question, Cat. Ce sera la dernière, je vous le promets. » Cat se redressa sur son siège rendu confortable par le rembourrage de l’assise, tandis que ses mains, moites et douloureuses tant elle était tendue, se joignirent entre elles sur la table en acajou. Du coin de l’œil, elle remarqua que Tate serrait des mains. Il laissa ses interrogateurs prendre congés, avant de se lever et d’empoigner sa béquille pour rejoindre le coin de la table qu’elle avait investi « Il est inutile que je vous demande ce que pense votre père de votre choix de marcher sur ses traces. Il est évident qu’il est fier du chemin que vous avez parcouru, et de la tournure inattendue que prend votre carrière. C’est le souhait de tous pères de voir sa fille s’épanouir comme vous le faites, et je tiens à vous féliciter à ce sujet. Mais… » Ecaterina ne l’avait pas venue venir. Ou au contraire, elle s’y attendait tellement que sa seule réaction fût de cligner bêtement des yeux face à l’ultime question que son interlocuteur prononça dans un souffle teinté de provocation malsaine « Votre mère, qu’en penserait-elle aujourd’hui ? »

Une colonne de chaleur impromptue se répandit le long de la nuque de Cat, interceptant fissa les premiers signes de la crise de panique encore endormie qui menaçait de poindre la seconde suivante. Les petits cheveux échappés de la natte sophistiquée qu’elle s’était faite elle-même se dressèrent, alors que l’électricité se déplaça le long de son échine, pour lui insuffler une décharge de courage qui la fit pivoter sur ses hanches. Coite, elle se retourna pour d’abord affronter la silhouette de Tate, avant de trouver son regard lorsqu’il baissa la tête. Il harponna le dossier de sa chaise à une main. Debout derrière elle, il réagit plus vite que leur attachée de presse, pourtant à l’affût de la moindre bévue des journalistes « Elle n’est pas tenue de répondre à cette question. Elle n’a rien à voir avec le contenu du livre, elle est personnelle et déplacée, compte-tenue de la situation d’Annabelle Chenal-Robertson qui, vous le savez, mais je vais quand même vous le rappeler, est décédée depuis plusieurs années. Si votre but est de plomber nos débuts promotionnels, en effet, vous faites plutôt bien votre job. »

Ecaterina pinça les lèvres pour réprimer un sourire mal venu. C'était la première fois que Tate prenait sa défense ; du moins, en sa présence. Aussi, par égard pour l’assemblée, elle retourna brusquement la tête vers le journaliste en question. Il se ratatina sur lui-même en remontant ses lunettes sur l’arête de son nez busqué, le visage décomposé. L’attachée de presse pépia soudainement qu’il était l’heure de s’en aller et frappa dans ses deux mains pour presser Tate de tourner les talons. Elle se pencha sur Cat pour l’aider à se lever, ce qu’elle fit, sans saisir la main qu’elle lui tendait, néanmoins. Le nœud qu’elle avait dans l’estomac et le poids qui rendait sa posture classieuse difficile à tenir, semblaient s’être évaporés, lui donnant la sensation libératrice que ce qu’elle avait tant redouté en réalité, c’était cette exacte conjoncture : qu’on lui parle de sa mère et qu’on mette en lumière les vestiges de son passé. Avec un hochement de tête poli, et après avoir arrangé le tissu de sa jupe crayon, elle remercia les intervenants, et quand ses yeux rencontrèrent de nouveau ceux du journaliste du Morning Journal qui s’excusa par une courbette, elle pencha la tête sur le côté, et lui répondit avec conviction « Elle serait très déçue. »

17.04.16 - Gabreel & Carole's Kitchen (Toledo)



Le ruissellement de l’eau tiède sur son visage ne lui fit pas autant de bien qu’elle l’eut escompté, et le goût de vomissure résista dans le fond de sa gorge. Pour la troisième fois depuis qu’elle s’était retirée dans la plus grande salle de bain située à l’étage de la maison de son père, Ecaterina mit ses mains en coupe en-dessous du robinet. Satisfaite par le volume d’eau emprisonné grâce à ses paumes, elle s’aspergea les yeux pour soulager son vertige. Elle avait l’impression qu’il y avait une dimension purement psychologique à tous ces symptômes discourtois. Mais bien évidemment, elle se berçait d’illusions ; son corps, même si ce n’était pas encore visible à l’œil, était en train de changer, et il lui faisait bien comprendre. Pourtant, et il n’était pas difficile pour elle d’en attester, avant d’apprendre sa grossesse, Cat n’avait pas souffert de nausées matinales. D’épuisement, en revanche, elle ne pouvait le nier. Sauf que le rythme effréné de ses journées ne l’avait pas affolé à propos des siestes inopinées qu’elle faisait lorsqu’elle se savait à l’abri de toutes responsabilités ; le manquement dans son cycle menstruel non plus, habituée à son irrégularité à cause de son anxiété.

Éprouvée, elle s’appuya à deux mains contre la vasque du lavabo, et soupira en fermant les yeux. La toute dernière conférence du parcours promotionnel qu'ils avaient sillonné avec Tate battrait son plein en fin de matinée. La fatigue se faisait vraiment ressentir. C'était en partie sa faute, elle l’admettait. D'humeur matinale, malgré une nuit courte et mouvementée, Cat avait quitté son hôtel bien avant le créneau horaire décidé par Tate, qu'elle avait laissé dormir pour rejoindre sa propre chambre, et se préparer à gagner la maison de sa famille. A son arrivée là-bas, elle avait été accueillie par son père et sa belle-mère, Carole, sincèrement ravis qu'elle décide de changer ses habitudes pour prendre le petit-déjeuner avec eux. Un petit-déjeuner qu'elle n'avait pas été capable de garder, barbouillée par les odeurs de bacon qui la dégoûtait. Un sursaut la fit ouvrir d’un coup les yeux. Son téléphone portable, qu’elle avait abandonné avant de s’agenouiller devant les toilettes, vibra contre le carrelage de bonne qualité de la salle de bain. Après une longue minute à puiser dans ses réserves d’énergie, Ecaterina s’appliqua à se ranimer, et coupa l’arrivée d’eau, avant de se retourner pour aller le récupérer. Elle lut le texto qu’elle venait de recevoir. C’était Tate.

« Quand est-ce que tu me laisseras partir le premier ? Je vous rejoins au point de rendez-vous. Tu me dois un petit-déj. »

Elle actionna la veille de son téléphone, se soustrayant rapidement à la lumière bleue projetée par son écran. Elle se sentait coupable de sourire, alors qu’elle lui cachait la vérité depuis qu’elle avait eu la confirmation via une prise de sang faite en urgence ; cinq semaines, ce n’était pas grand-chose, mais c’était devenu concret pour elle. Elle pivota, raide, sur ses pieds chaussés d’une paire d’escarpins. Affrontant son reflet dans le miroir, Cat s’en approcha, et se perdit dans les pensées qu’elle distinguait à travers ses yeux humides, son téléphone captif de ses ongles courts. Il était 9h du matin. Sa journée n’avait commencé que deux heures plus tôt, et le plus gros secret qu’elle n’avait jamais eu à garder menaçait d’être trahi.

« Cat, dans la cuisine. » Ecaterina descendit la dernière marche du grand escalier, et tourna à l’angle du couloir pour se faufiler dans l’encadrement de la cuisine, là d’où provenait la voix de Carole qui d’ailleurs l’attendait derrière l’ilot central, une tasse fumante tendue droit dans sa direction « Infusion de gingembre, parfait pour les nausées matinales. » Cat s’immobilisa progressivement, et pencha la tête sur le côté, faussement excédée par les qualités d’observatrices de sa belle-mère. Se préparant déjà à réfuter toutes ses insinuations, elle réalisa qu’elle n’en avait pas la force en définitive, et elle reprit son chemin vers elle pour mieux empoigner la tasse remplie du breuvage qui la soulagerait. Elle posa son téléphone portable sur la surface nette et brillante, et souffla doucement sur le liquide brûlant avant d’en boire une gorgée réconfortante « Evie m’a donné du fil à retordre aussi, les premières semaines. On m’a vite conseillée de ne pas m’inquiéter, ça veut dire que le bébé est en bonne santé. » La tête baissée, Ecaterina laissa le temps à sa gorgée de répandre ses bienfaits dans son estomac, puis elle lui adressa un regard par-dessous ses longs cils maquillés. Carole la regardait avec tendresse, tandis qu’elle reprenait « Les raisons qui te poussent à le cacher ne me regarde pas. Les femmes enceintes sont superstitieuses. Que tu veuilles dépasser le premier trimestre avant de l’annoncer à ta famille est compréhensible ; que tu le caches à Tate, ça ne l’est pas. Ne me regarde pas comme ça, vous passez beaucoup trop de temps à vous prendre le bec, et vous avez tendance à surjouer, ma chérie. » Cat baissa les yeux en décollant ses lèvres de la bordure de sa tasse, et chuchota « Je le sais. C’est compliqué. » Pas tant que ça. Sauf qu’elle n’avait pas le cœur d’expliquer les termes de la relation qui la liait à son collaborateur.

Entre eux, rien n’était ni sérieux, ni officiel. Ils passaient du temps ensemble sans s’encombrer des obligations liées aux relations de couples que la plupart du commun des mortels vivaient ou cherchaient à vivre. Et c’était très bien comme ça. Les choses n’avaient foncièrement pas changé entre eux ; ils ne se disputaient plus pour de vrai, toutefois, aucun sentiment d’adoration, de manque d’objectivité, de projets, ou de pamoison totale ne venaient entacher la promesse qu’ils s’étaient faites : c’est-à-dire de ne pas tomber amoureux l’un de l’autre. En surface, en tout cas, car si elle développait son ressenti vis-à-vis de la situation, Ecaterina serait flattée par un son de cloche différent. Apprendre qu’elle était enceinte n’avait fait que l’embrouiller, en plus de lui laisser l’impression que, quoi qu’elle déciderait de toute façon, elle tendrait à Tate un piège qu’il s’évertuait à éviter. Pas tout de suite, mais bientôt, et pour la première fois depuis longtemps, Cat ferait exactement ce que l’on attendait d’elle. Elle se cacherait derrière les sentiments qu’elle avait promis de repousser pour le seul confort de son partenaire, et s’excuserait platement, en lui avouant ne pas être apte à continuer avec quelqu’un qui ne ressentait rien d'autre que de l'affection intéressé pour elle.

En l’observant attentivement, Carole sembla discerner l’inquiétude et la tristesse dans la posture de sa belle-fille. Dans un murmure maternel, et se penchant près d’Ecaterina pour créer un aparté, elle lui demanda « Dis-moi, pourquoi ça t’est si difficile d’avouer que tu es amoureuse de lui ? » Même si sa gorge se serra, et que son cœur manqua un battement, Cat ne réfléchit pas à sa réponse. Instantanément, et en souriant en coin, elle lui avoua « Parce que j’ai fait une promesse. »

23.05.16 - Cat's Bedroom (Columbus)



Dorian passa la tête par la porte de la chambre de sa sœur. Une chambre qui deviendrait la sienne après son départ. Assise en tailleur au pied de son lit, Ecaterina tourna la tête vers lui. Lorsqu’il s’accota, les bras croisés, à l’encadrement de la porte, elle remarqua tout de suite qu’il avait les yeux rouges et gonflés. Il n’avait pas pleuré, ce n’était pas le genre de la maison, mais il avait bu. Il buvait déjà beaucoup trop d’ordinaire, mais depuis qu’il avait appris qu’elle quitterait l’Ohio à la fin du mois de mai pour aller s’installer en Virginie, là où Carole avait grandi, il buvait davantage. La visite guidée à laquelle sa cadette l’avait convié quelques jours plus tôt, et après un voyage long de plusieurs heures pour rejoindre son nouveau lieu d’habitation, n’avait pas arrangé son état d’abattement quant à son départ imminent.

Comment pouvait-elle envisager un avenir dans une ville où la musique était interdite ? Heureusement, il y avait Al Morales. Une vieille connaissance du jeune homme, un roadie qu’il avait admiré pour son professionnalisme et sa gentillesse, et qui avait accepté de jouer les anges gardiens pour sa sœur. Il n’avait pas manqué l’occasion de la mettre au parfum des griefs qu’avait la municipalité de Rosecliff contre la musique, et avant même de signer le contrat de propriété qui l’attendait, elle s’était solennellement engagée auprès de l’association secrète dont il était le créateur : les Musiciens Anonymes. Dorian n’aimait pas ça, mais Ecaterina était une Robertson – elle n’avait besoin de personne pour lui dire quoi faire, la preuve en était.

N’empêche qu’il avait le droit d’être dépassé par les événements. Bien sûr, il n’en voulait pas à Carole de lui avoir parlé de la librairie abandonnée de ses parents, encore moins de la petite maison cossue avec une porte rouge, située dans un quartier trop propret pour être honnête, qui allait avec. Seulement, il avait peine à avaler la pilule. Demain, leurs récentes retrouvailles ne seraient plus qu’un beau souvenir, et il devrait accepter qu’elle élèverait son bébé ailleurs, et sans l’appui de tonton Dorian. Sans l’appui de personne, en fait.

« Tu peux encore venir avec moi, tu sais. Je vais avoir besoin de bras pour m’aider à déblayer tous les vieux bouquins de la librairie, planter des clous dans le garage, et peindre la chambre du bébé. » Dorian s’avança plus loin dans la pièce, puis fit craquer ses articulations devenues douloureuses à cause de son hygiène de vie douteuse, avant de s’assoir à côté de sa sœur. Il imita sa posture, en indien, tandis qu’elle bouclait la fermeture éclair de son grand sac à main « Et me tirer une balle parce que je pourrais pas toucher à ma gratte ? Dans tes rêves, sœurette. » Sa pudibonderie fit rire Cat. S'apprêtant à se lever, sa démarche fût stoppée par la main de son frère qui lui attrapa le poignet pour attirer son attention « Tu lui as dit au revoir ? » Ecaterina pencha la tête sur le côté, et dans un soupir, elle avoua avec sollicitude « Hier, déjà. Mais je lui ai écrit une lettre, je la posterai sur la route. » Dorian arqua un sourcil, et la lueur rieuse caractéristique dans ses prunelles illumina son visage mal rasé « Et t’as pas trouvé plus vieux jeu que de lui écrire une lettre ? Tu peux pas envoyer, je sais pas, des e-mails, comme tout le monde ? Je crains pour l’avenir du ptit. » Il posa brièvement sa main sur le ventre de Cat qui souriait. Faisant éclater la ressemblance qu’elle partageait avec son interlocuteur, le coin de ses yeux se plissa et sa bouche charnue s’étira pour découvrir une dentition parfaite « Tu dis ça mais tu crèves de la lire ! » Après un baiser sur le dos de sa main, Dorian lui lâcha le poignet. Il leva ses fesses du sol pour mieux les hisser sur le bord du lit, non sans émettre une complainte surjouée. Souriant toujours comme un imbécile heureux, il s'exclama « Puisque c’est toi qui propose, je suis tout ouïe ! »

Cat secoua gentiment la tête, et Ssn sourire se dissipa lentement. Elle se leva, puis s’approchant du secrétaire qu’elle avait vidé, elle y posa son sac à main, qu’elle rouvrit pour en sortir une enveloppe non-cachetée, noircie à l’adresse de Tate. Elle ne l’avait pas relue, pas même pour corriger les éventuelles coquilles dans sa rédaction ; elle craignait avoir envie de ne plus la poster si elle s’y attardait, alors elle l’avait vite soustraite à sa vue. Pourtant, elle retira la lettre de l'enveloppe sans hésiter cette fois, la déplia soigneusement, et après avoir glissé une mèche de cheveux derrière son oreille, elle s’éclaircit discrètement la gorge avant de commencer à la lire, de sa voix douce et éraillée :

« Tate,

Je n’ai pas de mal à t’imaginer en train de rouler des yeux, alors que tu lis les premières lignes de cette lettre. Tu en seras sans aucun doute surpris, je ne vais pas te le reprocher. Je sais que nous nous sommes déjà dit au revoir, mais en empaquetant les derniers objets en vue de mon départ, j’ai réalisé que notre dernière conversation n’était pas juste. Envers ce que nous avons vécu, d’abord, mais surtout envers toi, et ce que tu représentes à mes yeux : tu mérites plus qu’une poignée de main au milieu d’une assemblée composée d’illustres inconnus. Ou du moins, d’individus beaucoup moins importants que tu ne l’as été, et que tu ne le seras jamais pour moi.

Je n’ai pas pu te le dire de vive voix, parce que, tu l’auras remarqué, je ne suis pas la plus volubile quand il s’agit de parler de ce que je ressens – ça nous fait au moins un point commun, remercions nos parents pour ça. Néanmoins, je tenais à te dire que, malgré la tournure qu’a pris notre collaboration, je ne regrette rien.

Je ne regrette pas d’être tombée sur le journal de ton père dans notre cage d’escaliers, et d’en avoir survolé les pages que je comprenais ; je ne regrette pas de t’avoir tenu tête pour que tu comprennes combien il était important de le faire publier ; je ne regrette pas nos disputes et nos conflits professionnels ; (je regrette peut-être un peu la gifle que je t’ai donnée, même si sur le moment, elle m’apparaissait comme étant amplement méritée) ; je ne regrette pas d’avoir été incapable de respecter le charte que nous avons écrite toi et moi, histoire qu’on cesse enfin de se tirer dans les pattes, comme les grands enfants que nous étions encore à cette époque-là ; je ne regrette pas de t’avoir préféré à tous mes prétendants lors de cette stupide soirée au Hilton de Columbus ; je ne regrette pas d’avoir dansé avec toi au mariage de Wyatt et Charlie, et encore moins d’avoir jalousé ta cavalière officielle qui a pu le faire avec toi sans avoir à attendre que tout le monde soit parti ; je ne regrette pas d’avoir éprouvé pour toi plus que du respect et de la compassion ; je ne regrette pas de t'avoir menti (de t'avoir BIEN menti) pour que nous puissions fêter le succès de notre projet loin de Lima et de nos amis ; je ne regrette pas d’avoir accepté la promesse que je savais que je ne réussirais pas à tenir quand tu m’as fait jurer de ne pas tomber amoureuse de toi ; je ne regrette pas d’être tombée amoureuse de toi, et je veux que tu saches pourquoi.

Chaque fois que je pense aux meilleurs moments que j’ai passé à Lima, ou avec les amis que je me suis fait ici, tu en fais partie. Tu m’as apporté plus que ce que tu n’imagineras jamais. Tu as été dur avec moi, et je t’ai détesté pour avoir osé me dire des choses que personne avant toi n’avait voulu me faire comprendre par pure crainte d’heurter ma sensibilité. Quand tu m’appelles « princesse », tu vois juste – j’ai toujours été couvée, comme tu le sais. Alors oui, tu as été dur, mais tu n’as jamais été injuste. Tu m’as fait progresser, grandir, et lever la tête pour poser mon regard ailleurs que sur mon petit nombril – sans que tu t’en rendes compte, tu m’as fait devenir une meilleure version de moi-même, et dans un futur proche, sans que tu ne t’en rendes compte encore une fois, tu m’auras offert la plus belle opportunité qui soit.

Je ne suis pas sûre qu’on se reverra. J’ai la prétention de penser que je te connais suffisamment pour affirmer qu’après cette pseudo déclaration d’amour, tu ne chercheras pas à me contacter. Crois-moi que je le comprends, et que je ne t’en veux pas ; toi non plus, ne m’en veux pas.

Tendrement, toujours.

Ecaterina. »


And I said hey, what's going on? Δ

Plutôt de nature neutre, Cat a pourtant pris parti dès son arrivée à Rosecliff. Elle ne se lancera pas dans la rébellion, ayant bien trop à perdre si elle se faisait prendre à traîner du côté des Hills, cependant elle est bel et bien contre l’arrêté municipal. Elle a quitté une ville où la musique avait une place prépondérante dans la vie courante de ses habitants – elle faisait elle-même partie d’une chorale, et son frère est réputé pour n’avoir qu’une seule fiancée, sa guitare. Se retrouver au milieu d’un régime qui interdit tout bonnement que l’on en profite en public, c’est une grande incompréhension pour elle ; mais ça ferait une histoire originale à raconter. C’est pourquoi elle a accepté d’être bénévole dans l’association d’Al Morales. Bien sûr, il lui a parlé des risques qu’elle encourait à apporter son soutien à des musiciens meurtris par les mesures prises après le 7 juillet, mais elle a de l’expérience en matière d’action de bienfaisance, et se sait capable de pouvoir gérer cette entorse à la politique menée par les membres du Comité. La discrétion, ça la connait. Le seul bémol à son engagement, c'est son incapacité à mentir sans se fourvoyer. Néanmoins, elle tente de s’améliorer en suivant les conseils avisés du créateur des Musiciens Anonymes.

Bonus Δ

Prénom ou Pseudo : Sophie (ssoveia) ► Âge : 26 ans ► Fréquence de connexion : 7/7 jours ► Expérience RP : 10 ans sans interruption ► Et vous, vous en pensez quoi de l'arrêté municipal ? J'aurais quitté la ville il y a bien longtemps ► Code du règlement : J'en ai pas besoin héhéhé ► Mot de la fin : L'harissa c'est la vie bébé.
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