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 I'm unstoppable, I'm a Porsche with no brakes.

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MessageSujet: I'm unstoppable, I'm a Porsche with no brakes.   Lun 11 Juil - 1:43


Bradley Asher

✤ ft. Kat Dennings ©️ crédits image ✤
Bradley Asher est née le 3 novembre 1992 à Rosecliff (Virginie, USA). Du haut de ses 24 ans, elle est spécialisée dans les CDD sous-payés et l'associée de Rory Hassan. Côté cœur, Brad Pitt est célibataire névrosée. Il/Elle appartient au groupe Tongue Tied.
❝ I was served lemons but I made Lemonade ❞
► Dictatoriale ► Débrouillarde► Fausse ► Loyale► Vulgaire ► Décalée► Têtue ► Volcanique► Profondément bonne (mais si)► Capricieuse► Imprévisible► Mauvaise foi► Fiable► Prétend très bien maîtriser des situations ingérables► Ouverte d'esprit► Débatteuse► Mélomane► Indomptable► Féministe

Story of my life Δ

Ses bras entouraient les siens.

Serrée contre lui, lovée sur son odeur.

La fenêtre entrouverte expirait une brise tiède.

La soie glissait sur sa peau, les cheveux se mêlèrent au tissu.

Les parfums serpentaient jusqu’au plafond, les goûts se prélassaient dans le palais.

La mélopée cristalline s’élevait de l’écran lumineux.

Ses ongles s’enfoncèrent dans son cou tendre, son regard pianota le long de la pièce.

Ca ressemblait au bonheur.

Jusqu’à son soupir exhala le luxe.

Volupteux.

Somptueux.

Une sonnerie stridente éclata en un instant la petite bulle dorée dans laquelle elle se vautrait. Surprise, elle manqua de tomber du canapé, repoussant d’un bras la montagne de coussins sous laquelle elle s’était recroquevillée, envoyant valser la quantité impressionnante de papier argenté de chocolats minutieusement déballés au cours de la soirée.

D’une main décidée armée d’une télécommande, elle mit sur pause les coassements hideux qu’une petite fille brune qui s’avérait être elle geignait dans une vidéo dont la qualité médiocre témoignait de l’authenticité de la période de tournage. De l’autre, elle déverrouilla agressivement l’appel, aboyant immédiatement :

-Vous en avez pas ras-le-cul d’emmerder les honnêtes gens le soir ? Vous savez où vous pouvez vous le fourrez votre nouvel abonnement téléphonique ultra-avantageux ? Hein ? Parce qu’j’peux vous donner un coup de main sans…
-Bradley Cooper ?

Choc.

La voix.

Familière mais si lointaine.

Sa voix.

-Téa !

Elle écarta presque immédiatement l’appareil de son oreille, comme s’il l’avait brûlée.

Merde.

Attente.

Merde.

Silence.

Merde.

Le pouce fébrile fit de petits va-et-vient, repoussant le bouton de contrôle de l’appel vers l’icône rouge.

Non.

Un coup sec le renvoya vers le dessin du combiné entouré de vert.

C’était elle.

C’étaient elles.

C'était okay.

-Depuis quand tu appelles en numéro masqué ?
-Depuis que tu ne réponds plus autrement.

Elle tressaillit.

C’était vrai.

Ce n’était même pas un reproche.

Mais ça aurait pu l’être.

Elle ne savait pas pourquoi. Pas du tout.

En fait si.

La honte.
Le malaise.
L’embarras.
Et tous les synonymes.

-J’avais besoin de..., elle grimaça, cherchant ses mots autour d’elle, .. me recentrer., optant pour une formulation péchée sur la couverture glacée d’un magazine de bien-être dont les pages froissées agonisaient sur le parquet sale du salon.

Fallait vraiment qu’elle nettoie.

Pas ce soir.
Pas demain.
Un de ces jours. Ca serait bien.

-Ca fait un mois que tu as disparu, Bradley Asher.
-Ne me Bradley Asher pas, gémit-elle.
-Ne me force pas à le faire, alors.
Asher fit claquer sa langue dans un son aussi mouillé qu’exaspéré pour compenser l’argument inattaquable de son amie, se repliant au fond de son canapé en grognant.

Celle-ci ne prit pas la peine d’y accorder une micro-particule d’attention à ses onomatopées pourtant choisies avec soin et enchaîna directement.

-Je suis passée devant chez vous. J’ai vu qu’il n’y avait plus qu’une seule voiture devant la maison…
-Tu sais que le harcèlement névrotique est condamnable par la loi, hein ?
On pouvait entendre les yeux de biche de la Hassan s’envoler droit jusqu’au ciel à force de rouler.
-Pour une fois que la jurisprudence de Lindsay Lohan sert à autre chose que les condamnations liées à la drogue…  
-Abrège, Asher.

Soupir d'opéra.

-Un peu de politesse, Hassan ! Je ne t’ai pas élevée comme-ça. C’est pas avec ce genre d’attitude qu’on trouve un mari suffisamment riche pour que son assassinat soit entièrement pris en charge par l’assurance, ma p‘tite. Mais soit. Tweedleda et Tweedleddy sont partis pour un weekend romantique prolongé dans un vignoble de Floride. Je crois que c’est une adresse qu’Oprah a recommandée. Tu peux le croire, toi ? Abandonner sa fille pour une dégustation offerte de faux vin français ? Scandaleux.

Elle agita sa main pour donner un effet dramatique, persuadée que son interlocutrice le percevrait.

-Donc tu es disponible pour passer le week-end à la maison ? Dès maintenant ?
Bradley se mordilla pensivement l’intérieur de la joue, jetant un coup d’œil aussi furtif qu’inutile à l’horloge du salon.

Autrefois, elle n’aurait même pas eu besoin de l’invitation. Elle se serait contentée d’envoyer un sms demandant la permission de passer la nuit chez son amie une fois arrivée sur le pas de sa porte. L’envie n’avait pas le temps de devenir besoin qu’elle se réalisait déjà.

A quel moment étaient-elles basculées de cette époque à une autre ? Elle le savait pertinemment. Elle évitait simplement la réponse.

Elle s’éclaircit la gorge. Comme si ça ajoutait d’ores et déjà du crédit aux propos qui suivraient.

-Oh. J’ai un planning chargé, tu sais. Tu interromps justement une petite soirée en tête à tête avec Jake. On regarde les vidéos du temps de ma splendeur.
-Herman-Johnson ?
-Jake.
-…
-…
-Tu as encore collé une photo de sa tête sur ton ours en peluche ?
-Non ! Mais… Mais tu me prends pour qui ?! Une gamine ?
-…
-…
-Brad ?
-Hum ?
-Tu n’as quand même pas acheté le coussin à bras officiel à son effigie ?
-J’ai…
-Tu as acheté le coussin à bras officiel à son effigie.

Silence.

-Tu bosses pour la CIA ou quoi ?, marmonna-t-elle, rassurant jalousement sa prise sur les bras rembourrés de la star de substitution. Elle tapota le menton de tissu avec fascination. Ils ont même reproduit sa fossette, tu te rends compte ?

Il n’était peut-être qu’un visage, deux bras et un torse, mais ce n’était pas pour ça qu’elle ne l’aimait pas comme un homme entier.

-Okay. Il faut vraiment que tu te bouges.
-Dis ça à ma dépression.

Ca piqua. Plus fort qu’elle ne l’aurait cru.

Trop tôt encore.

La plaie n’était plus béante mais ses deux lèvres étaient toujours entrouvertes. Un sourire morbide et coagulé dont la douleur ne cessait de sourdre.

Etre conne. Etre lâche. Etre faible.

Ca ne s’apprenait pas. Ca se subissait.

Elle ferma les yeux.

Beaucoup trop tôt.

La tendresse du ton de Tea dispersa d’un revers de main de velours le malaise qu’elle avait elle-même généré.

-Tu peux l’amener aussi. J’ai assez de muffins pour vous deux.

Tea avait observé sa mort sociale. Elle avait attendu. Elle l’avait laissé faire le deuil de sa dignité. Maintenant elle revenait l’en extirper. Elle avait attendu. Elle ne l’avait jamais lâchée. Elle avait toujours su qu’elles seraient à nouveaux elles. Elle avait toujours su quel était le bon moment.

Le cœur de Bradley se gonfla comme un ballon de baudruche. Le bon moment. Elle feint une petite toux pour couvrir le crissement de ses sentiments contre ses côtes.

-T’es sûre de toi ? Parce qu’elle mange beaucoup. Vraiment beaucoup., s’observant avec une moue désappointée dans le large miroir au cadre cuivre suspendu au-dessus de la cheminée, une main sur sa hanche dans une pose relativement grotesque de pin-up.
-Allez, passe, ça te fera du bien. Te changer un peu les idées. Ca fait longtemps. Tu… Tu me manques, Brad.

Elle serra les lèvres.

Toi aussi.

Elle serra les dents.

-J’ai entendu.
-J’ai rien dit !
-Tu l’as pensé assez fort., fit-elle tranquillement.

Elle était bizarre comme-ça.

C’était précisément pour ça qu’elle était sa meilleure amie.

La Asher était debout.

-Okay. C’est parti pour une soirée pyjama, couina-t-elle avec une voix volontairement haut-perchée.

Dans le jargon de Bradley, ça voulait dire alcool, cigarettes et trashtalk. Tout ce dont ses nerfs avaient besoin, en somme. Elle virevoltait d’une pièce à l’autre de la maison, s’arrêtant dans la salle de bain. Coups de brosses. Babillages. Jet d’eau sur le visage. Elle écrasa joyeusement un bâton de rouge-à-lèvres sur sa bouche desséchée. Ca serait moche mais elle aurait fait des efforts. Tea serait de toute façon trop polie que pour le lui faire remarquer. Elle se sentait déjà mieux. Elle se sentait à nouveau elle.

Peut-être faisait-elle semblant, peut-être pas.

Elle ne savait pas. Ou ne voulait pas savoir.

C’était un changement.

Quelque chose de différent.

Fugace, insignifiant, instable.

Mais quelque chose.

Elle s’y accrochait le temps que ça durait.

Elle se stoppa alors qu’elle enfilait ses bottillons de cuir noir aux traces douteuses.

-Attends ! Avant que je débarque, rassure-moi. T’as enfermé bien Rory dans la cave, j’espère ? Qu’il bave pas partout…
-Mon frère n’est pas un chien, Bradley.
-T’as raison, on peut forcer un chien à prendre un bain au moins. Vraiment très con que ça soit pas applicable pour lui.
-Brad !
-Bon. D’accord. Admettons. Praise the lord, il ne s’est jamais soulagé sur ma jambe, j’imagine que ça fait un point pour lui.

Tea laissa échapper un petit rire qu’elle ne sut rattraper.

-J’avoue qu’il est un peu lourd parfois…
-Il est plus lourd que mes seins, Tea.

Ce n’était pas peu dire. Son dos pré-scoliotique pouvait en témoigner.

-… Mais il te fait rire., ajouta-t-elle, un sourire malicieux particulièrement bien perceptible dans ses octaves veloutés.
-Le corps de la dernière personne à m’avoir vu rire à un de ses sarcasmes n’a jamais pu être retrouvé par la police.

Elle hocha lentement la tête, déboulant dans la cuisine sans prendre la peine d’allumer.

-Et puis je devais être bourrée, donc ça ne compte de toute façon pas., ajouta-t-elle précipitamment.
-Vous pourriez bien vous entendre, tu sais.
-Ne me donne pas envie de vomir, s’il-te-plait. J’amène la vodka pour ça.

D’un coup de hanche, elle referma le bar vintage sur lequel trônait un vase débordant de pivoines dont elle n’avait pas pris la peine de changer l’eau.

-Ne fais pas comme la dernière fois et habille-toi.

Bradley se figea et leva un sourcil, cherchant les caméras dans le noir. Elle reprit chemin et conversation, suspicieuse.

-Madame est trop chic pour s’infliger la vue de mon peignoir Zara ? Bien, je retiens, Tea, je retiens.
-Non mais j’ai entendu dire les filles qui se baladent en nuisettes la nuit avaient une espérance de vie moindre, vois-tu.

Elle agrippa son sac à main abandonné sur les marches de l’escalier, en sortit ses clefs.

-Tea. Je ne sortirai de la voiture qu’à un mètre de ta porte. Sérieusement. La pire chose qui puisse m’arriver c’est que je me fasse arrêter. Et crois-moi que je ne risque pas de PV avec un décolleté pareil.

Elle parlait d’expérience.

-S’il-te-plaît.
-Arrête. J’ai besoin de ma meilleure amie, Tea. Pas d’une mère.
Son regard passa sur la photo de famille, calée à côté du téléphone décoratif de l’entrée.
-Enfin, les rednecks cathos ne seraient pas forcément d’accord avec ça., nota-t-elle avec un ricanement.

Elle éteint la lumière d’un mouvement brusque.

-Bon… Fais gaffe quand même.

Elle claquait déjà la porte, s’avançant jusqu’à la voiture à pas rapides.

-Qu’est-ce que tu veux qu’il m’arrive ? C’est Rosecliff, pas Chicago. Il ne se passe et ne se passera jamais rien dans ce bled.

Ce n’était même plus une opinion. C’était un fait.

Rien.

Jamais rien.

La porte de la chambre se referme avec une douceur inhabituelle.

Dans le salon, ses pères ne sourient plus.

Dehors, le soir coule sur la toile d’un ciel nuageux.

Sa respiration est saccadée, lointaine. Se confonde avec ses pas, étouffés par un tapis épais.

Une veste, un sac à main, une larme.

Tout tombe sur le sol. S’écrase en silence. Eparpillés comme des morceaux de sa vie explosée.

Elle n’avait plus de cigarette. Pas plus que l’envie, de toute façon.

Elle s’assied à son bureau.

Echouée. Déglinguée.

Ferme les yeux.

Fort. Fort. Fort.

Noir. Encore et toujours. Ici, ailleurs. Dehors, dedans. Ses vêtements, ses cheveux, ses pensées.

Noir coquard.

Ca dégoulinait de partout, c’était écoeurant, elle en suffoquait.

Eclaboussés, tabassés, noyés.

Elle, eux, tous.

Et le drap sur le cercueil.

Ses poings se referment.

C’était beau.

C’était grand.

Elle aurait aimé.

Il y avait eu de la musique.

Beaucoup de musique.

Très fort.

Fort. Fort. Fort.

Sa gorge se serre, comme prise dans un étau.

Elle n’a plus de mots, pour une fois.

Que des maux.

La musique est partie avec elle.

Elle n’a pas appuyé sur l’interrupteur en entrant.

Plus de lumière, plus de bruit. Le silence assourdissant des grands fonds, les abysses par-dessus la tête, qui écrasent, compressent, ne laissent pas une chance. Marche ou crève, respire ou coule. Même combats, enjeux différents.

Elle est fatiguée.

Tea savait toujours quoi dire. Bradley aussi, mais en moins bien.

Tea ne disait plus rien. Elle ne dirait plus rien.

Faire avec. Continuer. Vivre.

Survivre.

L’écran est là. Flottant dans le vide de son existence, rongé par la pénombre de la chambre. Presque à bout de batterie. Solidarité mathématique des machines. Elle entre son mot de passe.

La douleur picore ses rétines, elle a envie de se mettre des gifles.

Elle pensait avoir pleuré toutes les larmes dont elle disposait sur les commentaires des vidéos.

Pauvre fille. Pauvre folle.

Elle n’y connaissait rien.

Mettre son poing dans la gueule d’une connasse mesquine, c’est possible.

Mettre son poing dans celle de la mort, c’est plus difficile.

Pas de nez refait à faire craquer sous ses phalanges. Pas l’œil à maquiller d’un bleu permanent.

Pas de pouvoir. Pas de réponse.

Plus de questions.

Plus d’elle.

Plus rien.

L’onglet est déjà réouvert. Le profil actualisé.

Ils sont là, toujours là.

Les problèmes varient, les pseudos restent.

Grouillant en colonie d’insectes dans la grande fourmilière du malheur.

Des quotidiens anonymes exposés au monde, des cadavres de vie virtualisés dont la dissection se fait en public.

Ils attendent.

Une des leurs, une des leurs, une des leurs. A nouveau.

La molette de la souris tournoie à toute vitesse.

Clic, clic, clic.

Le bruit de son cœur qui éclate.

Les photos défilent. Elle évite les regards figés.

Panneau d’administration. Paramètres. Editer.

Les lignes de codes défilent sous ses yeux. Leur histoire synthétisée en symboles. Leurs espoirs, leurs envies. Leur amitié gravée sur un serveur.

Elle appuie sur la touche.

Comme on tire avec un flingue.

Effacé.

Le site est fermé.

Fini.

Elles.

Elle.

Rien.

Plus rien.
Inspiration.

La roulette du zippo craqua en même temps que le verrou de la porte.

Blanc, rouge, noir.

La flamme fit crépiter le tabac alors qu’elle rongeait le papier.

La lueur dansait dans la pénombre miteuse du couloir.

Expiration.

Un nuage cancérigène précéda son entrée dans l’appartement.

Elle était à la maison.

-Ouais, j’viens d’rentrer du service.

Un coup de talon fit claquer le bois, grincer les gonds.

Rory lui avait déjà dit de ne pas faire ça.

-Non, c’est pas une clope. J’ai arrêté, je t’ai dit.

Bouffée bleuâtre.

Mais Rory lui avait aussi déjà dit de ramasser le courrier avant d’entrer. Or, ce n’était visiblement pas l’autorité redoutable du Hassan qui empêchait ses chaussures de généreusement laisser des traces boueuses sur les lettres éparpillées sur le paillasson, résultats chaotiques d’un plongeon fort peu académique depuis la boîte aux lettres creusée dans la porte.

Elle se pencha pour extirper les papiers logés sous ses semelles, délaissant celles frappées du blason de l’université, gardant son téléphone collé à l’oreille. Elle rejeta sa tignasse sur les côtés d’un mouvement agacé des cervicales, dégageant d’un seul coup une bonne partie de son champ visuel.

-Un apéro-dinatoire sur le thème « une nuit arc-en-ciel » ?

Ses yeux faillirent rebondir au plafond tant ils y montèrent vite.

-Jesus H. Christ, papa, personne ne donne de thème à ses apéro-dinatoires… Vous postulez pour les Real Housewives of Beverly Hills ou quoi ?

Son soupir grossier fut étouffé par sa cigarette convulsivement respirée. Dents et main droite s’allièrent en une équipe brutale pour déchirer une des enveloppes ramassées.

-Vous ne pouvez pas faire comme tous les parents queer de ce monde et m’emmener à la pride de Miami pour acheter un t-shirt à deux dollars et applaudir des couples gériatriques en string de cuir qui se roulent des pelles ? Tu sais à quel point ça va me manquer de pas les voir, ces p'tits vieux si cool ?

Ses yeux bondissaient de mots en mots et plus la lecture avançait sur le document froissé, plus ses sourcils montaient vers la racine de ses cheveux épais.

Et merde.

-Ouais… donc… tu te rappelles de… Ouais non papa écoute… Ouais… Mon job, dans la parfumerie… J’ai… Non, j’ai pas « encore » été virée ! J’ai… j’ai eu quelques… différents organisationnels avec la manager…

Comment pouvaient-ils déjà être en retard sur le loyer ? Ca faisait à peine deux mois qu’ils avaient emménagé.

Ses chaussures valsèrent contre le mur tandis qu’elle se traînait jusqu’à une cuisine étroite mais étonnamment propre.

-Faire des efforts ? Toujours pareil ? Papa. Je te rappelle que ce trou que vous refusez de quitter est géré par des musicalo-fachistes qui sont persuadés que Broadway est le septième cercle de l’enfer. Clairement, ce n’est pas moi qui ai un problème ici.

En glissant jusqu’au réfrigérateur, elle faillit trébucher sur ses cernes. Bradley plaqua l’avertissement contre la surface immaculée d’un aimant agressif, à côté du mot de la fourrière et sous l’énorme quadrillage recouvert de stickers et post-its en tout genre, enfant bâtard d’un horaire et d’un tableau des charges.  Elle ouvrit la porte avec une délicatesse relative.

-J’ai juste besoin d’un peu… d’argent. Pour me remettre sur pied.

Elle mordilla ses lèvres, fixant, un peu confuse, le contenu minimaliste du frigo.

-Tu sais très bien que je ne vous demanderais pas ça si ce n’était pas important… On est sur un nouveau projet avec Rory et… Oui… Non… Ca demande un peu de matériel et…

Elle agrippa un pot de beurre de cacahuète premier prix et une bouteille de vin blanc douteux.

Fibres et jus de fruit. Le dîner des champions.

-… ouais il est toujours en fac de droit… ouais ça va, il s’accroche… il a plutôt intérêt si il veut pas que j’botte son petit cul bronzé… J’vois pas le rapport… Le temps ?

Elle abandonna le couvercle du bocal sur le plan de travail minuscule et planta une petite cuillère dans la substance collante mordorée. Calant son butin sous son bras, elle bénit l’inventeur des bouchons dévissables pour bouteilles de vin bon marché et se hâta d’envoyer rouler dans un coin celui en présence.

Une lampée fraîche tapissa ses papilles d’éthanol alors qu’elle avançait vers le salon plongé dans le noir. Le mégot resta à côté de l’évier.

-C’est précisément c’que j’demande. Le temps, c’est de l’argent. Et vice-versa. Crois-moi, c’est un bon investissement.

Son ton descendit lentement vers un murmure presque malicieux.

-Les choses vont changer papa… Bientôt… Et on y participe… Non, j'peux rien dire… Mais vous serez fiers…

Elle s’approcha du canapé où une silhouette roulée en boule ronflait doucement. Elle tira une couverture du panier qui leur servait de table basse et forma un nid pour accueillir ses augustes fesses sur le faux parquet.

-Mais pour ça, j’ai besoin d’argent.

Elle s’effondra sur le sol, adossée à un des accoudoirs rappés, déposant bouteille à ses côtés, elle enfourna entre ses lèvres une masse appréciable de mélasse sucrée.

-Vous m’avez toujours soutenue dans ce que je voulais. Pour trouver ce en quoi j’étais douée. Ce pourquoi j’étais là.

Une touffe de cheveux, des cils assoupis, un bout de mâchoire. Voilà tout ce qui émergeait du tas tiède. Pensivement, ses doigts effleurèrent les boucles douces du Hassan alors que la pâte fondait contre son palais. Son pouce balaya le bord de son front, avec une tendresse presque maternelle, aussi inattendue qu’avinée.

-J’crois que j’ai trouvé.

Elle se détourna du garçon, jetant un coup d’œil à l’ordinateur qu’il avait abandonné encore allumé à ses pieds.

-Pitié, dis-toi que j’ai essayé de mettre la voiture sur e-bay, ça n’a même pas trouvé preneur. Je suis au bout du bout.

Il avait commencé à éditer le premier fichier podcast. Et téléchargé les polices qu’elle lui avait indiquées pour le logo.

-Comment ça t'es pas surpris ? Ma voiture est très bien entretenue, j'te f'rais dire !

Elle sourit doucement, avalant une longue gorgée aigre.

-C’est ça ou je me mets au porno, de toute façon.

Elle pianota sur le clavier, fit virevolter le curseur.

Mot de passe.

Son cœur couina à chaque lettre.

F.

-Tu sais très bien que je ne plaisante jamais avec le porno…

0.

-… Demain ? Merci, papa. Vraiment. Merci.

R.

-Je… je t’ai… je t’aime. Et papa aussi. Vous l'savez, hein ?

T.

-Je te laisse. J’ai des trucs à faire. Essaye de dormir un peu. J’vais bien.

E.

-Bye.

A.

Le téléphone tomba dans les méandres tartans de la couverture. Elle passa une main lasse sur son visage. Son colocataire laissa échapper un geignement plus fort que les autres.

Okay.

Ses doigts se rejoignirent pour craquer à l’unisson. Symphonie articulaire particulièrement satisfaisante.

La nuit était encore longue. Mais quelque chose lui disait que le montage le serait encore plus.

Pourtant elle s’y mit.

Avec un silence acharné.

Plus de temps à perdre.

Pas une seconde.

Travailler. Lutter. Se battre.

Avancer pour elle.

Pour eux.

Tout restait à faire.

Mais c’était précisément à qui leur faisait du bien.

Tout.

Enfin.

And I said hey, what's going on? Δ

Bradley est bien évidemment complètement opposée à l'arrêté. Amoureuse à sens unique de la musique, elle l'a toujours considérée comme une source de joie, de découverte de soi et des autres et d'émancipation incroyable pour les individus. Si ses talents pour celle-ci équivalent au néant, ça ne l'a jamais empêchée de se gaver aux notes et aux octaves avec délectation. Certains en appellent Marie, Joseph et Jésus, elle adresse ses prières à Adele, Chopin et Beyoncé. Fangirl numéro un du groupe de feu Tea Hassan, sa meilleure amie, l'incident, bien loin d'éteindre la flamme de sa passion musicale comme le préconisait les chers extrémistes de la ville, y a au contraire jeté un bidon d'essence. Effacer la musique, c'était effacer tout ce en quoi Tea croyait, c'était utiliser sa mort pour nier ses convictions, à ses yeux le sacrilège était bien trop grand pour être digéré. Révoltée mais stratège, enjointe au silence par ses pères, elle s'est appliquée à concevoir un plan de résistance qui ne la mettrait pas une première ligne mais parviendrait à remettre frontalement en question les idéaux du Comité. D'abord un blog anonyme, promotion musicale au graphisme épuré. Puis, une fois Rory convaincu de se joindre à sa cause, elle a enclenché la vitesse supérieure, droit vers une diffusion directe à plus grandes échelles. C'est ainsi que Roll Up The Partition Please est né. Podcast impertinent, neutre à tendance mesquine, Rory aux commandes et elle dans les coulisse, ils ont là mis au point une machine de guerre froide. Plateforme irrévocable de politisation, Bradley y a précautionneusement mis tous ses espoirs pour voir un changement apparaître.

Bonus Δ

Prénom ou Pseudo : Simon  anna  ► Âge : 19  saint  ► Fréquence de connexion : tu m'connais pour ça  anna  ► Expérience RP : 10 ans bitches  cutie  ► Et vous, vous en pensez quoi de l'arrêté municipal ? bitches being crazy, aux armes citoyens formez vos bataillons tout-ça  ► Code du règlement : Mot de la fin : I came to slay bitch.  timba
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Dernière édition par Bradley Asher le Mer 20 Juil - 18:26, édité 9 fois
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MessageSujet: Re: I'm unstoppable, I'm a Porsche with no brakes.   Lun 11 Juil - 12:27

OH MY... PERFECTION RIEN QUE DANS LE TITRE timba timba

Bienvenue mon petit ! Je te souhaite une rédaction inspirée tout ça tout ça.
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MessageSujet: Re: I'm unstoppable, I'm a Porsche with no brakes.   Lun 11 Juil - 19:07

timba

T'as choisi un super perso en plus, je suis sûr qu'il te correspondra à fond.

Bienvenue à toi et bonne rédaction !

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MessageSujet: Re: I'm unstoppable, I'm a Porsche with no brakes.   Mar 12 Juil - 4:00

SIMOOOON timba timba Je suis trop contente de te voir avec ce personnage timba Bienvenuuuue, et amuses-toi bien de la rédaction dance
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MessageSujet: Re: I'm unstoppable, I'm a Porsche with no brakes.   Mar 12 Juil - 13:26

HAN! KAT <3
Bienvenuuue !
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MessageSujet: Re: I'm unstoppable, I'm a Porsche with no brakes.   Jeu 14 Juil - 11:09

sherlock mrgreen mdr
je savais que c'était toi avant de voir ton pseudo
bienvenue et au plaisir de te confuser IRP fourbe
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MessageSujet: Re: I'm unstoppable, I'm a Porsche with no brakes.   Jeu 14 Juil - 14:37

Hehehe Simon fourbe !

J'ai tellement hâte de te voir avec ce PV de ouf timba et de rp de nouveau avec toi nuu

Bienvenue et bonne chance pour la fichette loveex
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MessageSujet: Re: I'm unstoppable, I'm a Porsche with no brakes.   Jeu 14 Juil - 19:13

Saaaaaïmoooon brille brille
Cette actrice a un grand air de ressemblance avec Amanda - du moins sur l'avatar - du coup je ne suis pas dépaysée muhahah Arrow Trop impatiente de lire ta fichette I love you
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MessageSujet: Re: I'm unstoppable, I'm a Porsche with no brakes.   Jeu 14 Juil - 23:57

Holaaaaaaaaaaaaa !!! afro afro afro
Cette liste de qualités/défauts me vend du rêve sache le ! fourbe
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MessageSujet: Re: I'm unstoppable, I'm a Porsche with no brakes.   Lun 18 Juil - 10:17

Délai accordé ! Tu as jusqu'au 25 juillet pour terminer ta fiche music
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MessageSujet: Re: I'm unstoppable, I'm a Porsche with no brakes.   Mer 20 Juil - 20:06

Cat : Merci. timba Le titre donnait le ton mdr Ca fait tellement bizarre de revoir cette poitrine ce perso brille J'en profite pour te dire merci² pour le délai, du coup. saint

Tim : J'espère ne pas trop la gâcher du coup nuu Merci cutie

Chelle : HAN. timba timba timba Va falloir que je découvre ta Donovan du coup

Liz : Voui brille Merci dance

Le plus beau : tu sais déjà ce que je pense de ta jawline for days fourbe Oh oui confuse-moi fourbe

Lestat : Moriarty nuu Par contre, je n'ai pas su identifier qui tu étais erm , FAIS TOMBER LES MASQUES WESH. anna

Billie : Chastaaaaain timba Sa beauté me fait mal anna Et ouais effectivement sur l'avatar, les filtres et le combo yeux globuleux + poitrine imposante lui donne un petit air Hamiltonien mdr Mais si pour le coup, on change un peu de registre avec Bradley Arrow J'ai failli jouer ton mari, mais la folie de Bradley en a décidé autrement nuu

Anna : Grace avait raison, les Preston ont commencé à infester tous les USA à ce que je vois anna (je note le mariage fourbe )


Voilà les bb, je pense que j'ai fini. nuu

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MessageSujet: Re: I'm unstoppable, I'm a Porsche with no brakes.   Mer 20 Juil - 21:13

Je ne saurais exprimer combien je suis ravie que ce soit toi derrière ce personnage. Ta fiche est tellement émouvante et bien écrite ! Je n'en attendais pas moins de toi Pouah. En plus elle est tarée comme je l'imaginais

Je te valide avec grand grand graaaand plaisir donc ! Je t'invite à faire toutes les demandes nécessaires à ton personnage et à créer son topic de liens et de rp. Si tu as la moindre question ou quoi que ce soit, n'hésite pas à venir nous trouver

Encore une fois bienvenue à toi, en espérant que tu t'amuses avec Bradley
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MessageSujet: Re: I'm unstoppable, I'm a Porsche with no brakes.   

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I'm unstoppable, I'm a Porsche with no brakes.
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